L’aventure a débuté par la fabrication d’un premier bateau en 1998. Atlantix Innovation Marine s’est ensuite spécialisée dans la fabrication de pièces industrielles, inspirées des techniques de production haute performance de ses bateaux. Aujourd’hui, l’expertise de cette entreprise de l’Est de Montréal dessert autant les amoureux de la voile que les artistes du Cirque du Soleil.
On pourrait dire que la voile est un membre de la famille Lépine. Hugo Lépine, président d’Atlantix Innovation Marine, a hérité cette passion de son père Yves, qui cumule plus de 30 ans de course sur divers océans. Après des études en design industriel, Hugo Lépine fonde en 1998 Atlantix Innovation Marine, qui offre les services d’un chantier naval spécialisé en composite, de la fabrication d’un croiseur standard aux ULDB (Ultralight Deplacement Boats).
« La première année, nous fabriquions des voiliers sur mesure et nous avons fait un ou deux bateaux. Ce n’était pas viable pour l’entreprise. C’est pourquoi, en 1999, nous nous sommes basés sur nos connaissances techniques pour construire des petits modèles de voiliers. Ainsi, une soixantaine de dériveurs de 3,66 m (12 pieds) et 4,27 m (14 pieds) sont sortis de notre atelier en 1999, et en 2000, c’était une centaine que nous amenions sur le marché », explique Hugo Lépine.
Ces connaissances techniques précises sont la marque de commerce d’Atlantix. « J’ai développé des méthodes de fabrication novatrices en utilisant la fibre de carbone et le kevlar. Nous travaillons beaucoup avec des méthodes en infusion, ce qui permet d’avoir des structures avec des ratios poids-force très élevés. Nos produits sont donc équilibrés, légers, rigides et donc très performants », ajoute-t-il.
Au lieu de superposer manuellement sur le tissu plusieurs couches de colle, les techniciens d’Atlantix fabriquent des moules dans lesquels on ajoute la colle sous vide. « Nous évitons ainsi plusieurs accidents de travail et nos produits sont plus réguliers, plus parfaits que si nous les faisions à la main. De plus, les colles nécessaires à cette fabrication étant très polluantes, nous diminuons leur utilisation de 75 % grâce à ce procédé», précise le jeune président.
C’est avec cette technique efficace que Hugo Lépine participa à la construction et à la préparation du voilier Atlantix Express de type Open 45, fabriqué en aluminium ultra léger. En 2004, ce bateau de 13,71m (45 pieds) se classa troisième dans la célèbre transat Québec/Saint-Malo (catégorie monocoque, classe 2), gagnée cette année-là pour la première fois par une femme, Karine Fauconnier.
De marin à acrobate
« Le milieu industriel a commencé à s’intéresser à nos pièces faites en fibre de carbone et en kevlar. Ensuite, avec une réputation de pièces rigides et performantes, le Cirque du Soleil nous a approchés pour la fabrication d’appareils acrobatiques », affirme Hugo Lépine. L’entreprise a dû s’adapter aux demandes du Cirque. « Nous avons même conçu des sculptures et des pièces de décoration légères et totalement incassables ».
Avec cette nouvelle expertise en pièces industrielles et une première québécoise dans son utilisation journalière, Atlantix a vu sa production se répartir entre la construction de bateaux et la fabrication de pièces. « Aujourd’hui, 50 % de nos produits sont des pièces industrielles. Nous avons varié notre expertise, mais notre objectif restera toujours la construction de bateaux », ajoute M. Lépine.
En effet, Atlantix conçoit, en plus des dériveurs, des bateaux électriques pour une entreprise canadienne, Bush Marine. « Ces bateaux luxueux servent à la promenade et ne produisent aucune pollution. C’est intéressant de travailler sur de tels projets! », dit-il.
La prochaine course?
« Notre objectif pour l’instant est d’offrir des projets clé en main à notre clientèle. Du premier jet sur papier à la livraison, nous tenons à suivre toutes les étapes avec nos clients. De plus, nous désirons développer des pièces avec une haute teneur en design et en valeur ajoutée », ajoute M. Lépine.
Quant à sa présence dans l’Est de l’île de Montréal, Hugo Lépine l’explique facilement. « Je suis originaire de Joliette, mais je vis dans l’est de l’île. Y installer mon entreprise allait donc de soi. Cette partie de Montréal regroupe énormément d’entreprises industrielles et sur plusieurs points, cela nous facilite la tâche », termine
M. Lépine.
Sophie Paradis