Aéronautique, technologie de l’information, recherche en chimie ou encore en biopharmaceutique, voilà des secteurs où Montréal se démarque sur la scène internationale. Mais la métropole devra se battre si elle désire conserver cette enviable position. Entrevue sur une ville en ébullition avec Raymond Bachand, ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.
Un rapport du Comité conseil de Montréal, Ville de savoir, réalisé en 2003, révèle que Montréal se situe au deuxième rang quant au nombre d’emplois offerts en aérospatial per capita, derrière Seattle. Dans le secteur biopharmaceutique, la métropole occupe la troisième place et est devancée par Philadelphie et New York. Quant aux emplois en services informatiques, de développement de logiciels et de génie-conseil, Montréal arrive quatrième, derrière la Silicon Valley, Boston et Dallas.
Selon Raymond Bachand, la compétitivité de l’économie passe désormais par la recherche et l’innovation. Il soutient que les entreprises se doivent de créer une valeur ajoutée à leurs produits et cela impliquera le milieu de la recherche. « L’objectif est d’inculquer une culture de l’innovation dans nos PME et de soutenir leurs idées nouvelles », ajoute le ministre.
Inculquer cette culture fait partie des défis auxquels fait face son gouvernement. Le député d’Outremont estime qu’investir dans le développement de son entreprise peut s'avérer très coûteux. « C’est pourquoi nous subventionnons l’embauche de diplômés et d’ingénieurs dans les PME et encourageons la collaboration entre les entreprises et les centres collégiaux de transferts de technologies ». Avec l’insertion d’étudiants et d’ingénieurs dans les PME, Raymond Bachand est persuadé que cette méthode mènera les entreprises vers une dynamique de recherche et de développement qui ne pourra que leur être profitable.
La formation continue
Déjà, plusieurs institutions d’éducation et centres de formation travaillent de concert avec les entreprises pour développer les connaissances et l’expertise nécessaires au milieu des affaires pour relever le défi de l'innovation. « Montréal se classe derrière Boston pour le nombre d’université par habitant. Nous sommes une ville de savoir », ajoute M. Bachand.
En effet, une étude de la firme Research Infosource publiée en décembre 2006 classe bon premier le Grand Montréal parmi toutes les régions métropolitaines du Canada quant aux fonds dédiés à la recherche universitaire ainsi qu’au nombre de chercheurs.
Selon le ministre, les États-Unis, l’Europe et le Japon sont actuellement les grandes sociétés où la recherche et le développement sont devenus des priorités. «Avec la stratégie québécoise pour la recherche et l’innovation, notre intention est d’attirer des investissements internationaux de 350 M$ pour favoriser l'installation au Québec de nouveaux centres de recherche de calibre mondial. Ainsi, nous favoriserons la qualité de nos chercheurs mais aussi le renouvellement de nos équipements ».
Davos
Par ailleurs, sa participation au Forum économique mondial de Davos lui a permis de porter son message directement auprès de hauts dirigeants d’entreprises. Le ministre n’a toutefois pas voulu mentionner lesquelles d’entre elles étaient susceptibles de s’intéresser à Montréal. « Des annonces seront faites d’ici quelque temps au sujet de divers partenariats qui profiteront à Montréal et au Québec », affirme-t-il.
De plus, c’est en Suisse que le premier ministre Jean Charest, accompagné de Raymond Bachand, ont plaidé en faveur du développement d’un accord de libre-échange Canada-Union européenne. « Cet accord doit en être un de nouvelle génération qui s’attaquera notamment aux freins à l’investissement et stimulera le commerce des biens et services. Il pourra également toucher au développement durable, à la mobilité des biens et des personnes, à la reconnaissance des compétences de même qu’à la coopération scientifique et technique », souligne le ministre.
Montréal PQ
Raymond Bachand assure que Montréal a tout pour réussir. « Nous nous distinguons par notre multiculturalisme, par notre savoir et notre culture. La qualité de vie que nous offrons et notre situation géographique nous démarquent en tant que grande ville. Nous avons tout ce qu’il faut pour être un des principaux leaders mondiaux et nous allons y arriver».
Les moyens que prendra son gouvernement ont notamment été annoncés en décembre dernier. La Stratégie québécoise pour la recherche et l’innovation prévoit des investissements de 1,2 G$, dont des sommes additionnelles de 888 M$ qui seront versées sur une période de trois ans. « Avec de nouveaux centres de recherche de calibre mondial, nous favoriserons la qualité de nos chercheurs mais aussi le renouvellement de nos équipements ».
Bien accueillie par le milieu des affaires, la stratégie du ministre se veut un soutien à la recherche et au développement autant en entreprise qu’en laboratoire. «Les villes sont le moteur de l’économie. Afin d’atteindre notre objectif, outre les investissements massifs dans le développement et les milieux de recherche, nous nous inspirons des modèles de réussite comme celui de la Californie actuellement », conclut-il.
Sophie Paradis