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Pour mieux se connaître, les passerelles interculturelles de l’ICP
À l’Institut de chimie et de pétrochimie (ICP), la réussite des étudiants fait partie des priorités. Or, dans le contexte d’une politique québécoise d’immigration développée, il s’avère que depuis quelques années, une grande partie des étudiants en AEC (Attestation d’études collégiales) de l’ICP est issue de l’immigration. Fort de ce constat, l’Institut a décidé d’adapter ses pratiques et de se doter de nouveaux outils afin de soutenir la réussite scolaire de ses étudiants, mais aussi favoriser leur intégration socioprofessionnelle.

Le constat est clair: 71 % des étudiants inscrits dans des programmes pour adultes sont nés à l’extérieur du Canada et 73 % de ceux-ci résident au Canada depuis cinq ans et moins. Ils proviennent de trente-quatre pays différents, principalement du Maghreb, de l’Amérique latine, des Antilles, d’Asie, d’Afrique. Les employés de l’ICP présentent également une grande diversité culturelle. Pour faire face à cette nouvelle réalité, l’Institut vient d’initier un projet intitulé « Vers des passerelles interculturelles ».

Le projet a été lancé officiellement le 29 janvier dernier, en présence de
Martin Demers, directeur de l’ICP, de Jacques Baril, président du conseil
régional des caisses Desjardins de l’Est de Montréal et membre du conseil d’administration du Mouvement des caisses Desjardins du Québec, de Francine Charbonneau, députée de la circonscription des Milles-îles et adjointe parlementaire de la ministre de l’Immi-gration et des Communautés culturelles. « Notre projet s’adresse à nos étudiants, à notre personnel, et aussi à nos partenaires, résumait M. Demers. Ensemble, nous allons apprendre à mieux comprendre et vivre la diversité culturelle. »

Fidèle à sa forte implication dans le milieu de l’éducation –l’an dernier, il a versé 12,2 M$ en dons et commandites dans le domaine de l’éducation–,
Desjardins est partenaire et apporte 105 000 dollars dans la corbeille au cours des trois prochaines années. Ce partenariat est rendu possible par l’initiative et la participation de trois caisses: Mercier-Rosemont, Préfontaine-Hochelaga et Saint-Donat. Lors du lancement du
projet, M. Baril a rappelé les 10 ans de partenariat avec la Fondation du collège de Maisonneuve. Mme Charbonneau a évoqué le partenariat avec le ministère de l’Immigration et a souligné l’approche proactive et le leadership du collège de Maisonneuve.

Le projet sur les rails depuis cet automne

Le projet se déroulera dans un premier temps sur une période de trois ans, avant d’être reconduit. La première phase consiste en une identification des besoins de la communauté étudiante et des employés. La seconde phase sera orientée vers les entreprises. Enfin, la troisième étape permettra d’évaluer les actions entreprises et de consolider les résultats.

En pratique, le projet a déjà débuté par l’embauche d’une conseillère à la vie étudiante en interculturel, Julie Prince, chargée depuis cet automne d’établir un état des lieux. « Notre défi, c’est de s’adapter à cette nouvelle réalité, en développant de nouveaux outils et de nouvelles stratégies pour créer un milieu de vie harmonieux, où chacun, québécois et immigrant, apprend à connaître son voisin » précise l’intervenante. Le lancement du projet a servi de prétexte à une première activité de découverte et d’échanges au cours de laquelle les étudiants issus de l’immigration présentaient leur pays d’origine sur différents stands.

Un autre aspect consiste dans l’intégra-tion socioprofessionnelle des étudiants. Ainsi, l’ICP entend soutenir leur réussite en proposant des cours de français, en organisant des conférences sur l’emploi et des ateliers de recherche d’emploi, en favorisant l’implication des étudiants dans la vie communautaire via le bénévolat en étant un centre de ressources. Il envisage aussi de mettre sur pied un programme de jumelage entre desétudiants d’origine québécoise et d’autres issus de l’immigration. La collaboration avec les entreprises sera ensuite suscitée pour qu’elles s’investissent auprès des étudiants issus de l’immigration, en leur proposant des stages par exemple.

« Notre projet est unique. Nous ne souhaitons pas qu’il le reste, concluait le directeur de l’ICP. Nous espérons que rapidement, il se propage et que d’autres organismes puissent en bénéficier. »

Anne Campagnie

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Mobiligo: promouvoir les déplacements verts en entreprise

Région métropolitaine : 6,5 millions de déplacements motorisés par jour, dont plus de 1,5 millions (23 %) en heure de pointe. Près de 80 % de ces 6,5 millions de déplacements se font en automobile, avec une moyenne de 1,1 personne par véhicule. Autant dire que le Montréalais se rend à son travail en voiture, le plus souvent seul. Une telle situation est particulièrement dommageable, tant pour l’environ-nement que pour le coût économique que cela représente. La congestion automobile du matin coûte 500 M$ aux entreprises.

Il devient urgent d’agir. C’est pourquoi les Centres de gestion des déplacements (CGD) ont vu le jour au début des années 2000. On en compte trois sur Montréal : Voyagez futé, le CDG de Saint-Laurent et Mobiligo. Fondée en mars 2006 sous forme d’entreprise d’économie sociale, Mobiligo œuvre au développement de nouvelles attitudes de transport. Actuellement, elle travaille pour une quinzaine de clients-membres, avec une demi-douzaine de plus en ligne de mire. Implantée à Côte-des-neiges, son territoire d’inter-vention comprend entre autre Rosemont, Parc-Extension, et tout ce qui se trouve ensuite plus à l’Est.
Les entreprises contactent Mobiligo quand elles souhaitent mettre en place une politique de transport verte, mais l’entreprise d’économie sociale réalise également une part importante de démarchage. Les entreprises les plus propices à ce genre de mise en pratique sont le plus souvent de taille relativement importante –100 employés ou plus–, cependant il est possible de regrouper plusieurs petites entreprises d’un même secteur géographique pour une action commune.

ET CONCRÈTEMENT?

Le programme allégo inclut les transports collectif et actif, le covoiturage et la gestion de stationnement. La première étape d’un projet consiste en un
diagnostic détaillé, selon deux axes: l’accessibilité de l’entreprise d’une part, les employés d’autre part. Ainsi, Mobiligo établit un profil d’accessibilité de l’entreprise, en réalisant un inventaire des transports disponibles –transport en commun, niveau de service, fréquence, horaires, pistes cyclables– et une carte de localisation des employés. Elle effectue par ailleurs un sondage auprès des employés sur leurs habitudes de déplacement et leurs contraintes éventuelles, comme un enfant à accompagner à la garderie par exemple. Ceci permet de mesurer leur ouverture au changement.

À partir de ces éléments, Mobiligo propose un plan d’action qui, en confrontant l’offre et la demande, met en évidence les points à travailler. Elle détermine les programmes de promotion et les programmes incitatifs. L’AMT (Agence métropolitaine de transport), par exemple, offre un abonnement annuel privilégié dans le cadre du programme allégo. Il y a également une possibilité d’abonnement à l’essai pour trois mois, pour permettre à l’employé de découvrir et, espère-t-on, apprécier le transport en commun. « Les sondages montrent souvent une méconnaissance des services, et par conséquence une certaine réticence, souligne Claude d’Anjou, DG de Mobiligo. Mais une fois le transport en commun essayé, on observe un taux de rétention souvent très élevé, jusqu’à 71 % dans les entreprises du centre-ville. » Dans ce programme, l’AMT prend à sa charge le premier mois d’abonnement; le second mois est couvert à 50 % par l’entreprise et le troisième à 25 %. Un autre programme, Accès-Vélo, permet à l’entreprise d’acheter des vélos adaptés à ses besoins et de les mettre à la disposition de ses employés pour des déplacements professionnels ou de loisir à l’heure du dîner.

« Les entreprises sont des lieux propices pour véhiculer de nouvelles façons de se déplacer, remarque Mme d’Anjou. Elles y trouvent de nombreux avantages. » Et d’en citer un certain nombre : l’entreprise donne d’elle une image plus verte, le recrutement et la rétention des employés sont améliorés, ces derniers sont plus alertes, moins stressés et donc plus
productifs, l’absentéisme baisse, le coût des assurances collectives diminue…

Dans le cadre de sa mission, Mobiligo participe également à la politique locale touchant les transports à travers différents comités et commissions afin de s’assurer que les infrastructures répondent aux besoins des usagers. Car les CDG comme Mobiligo mettent un point d’honneur à considérer la problématique des déplacements dans sa globalité.

Anne Campagnie

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Samajam : des formations en entreprise menées tambour battant

Plan stratégique, mobilisation d’équipes… Combien de formation de ce type aurons-nous suivi au cours de notre carrière, sagement assis ou participant à différents
ateliers? Louis Bellemare propose, quant à lui, une autre approche :
« Une fois qu’on a parlé de nouvelles méthodes stratégiques, il faut les vivre. Et quoi de mieux que la musique et les percussions pour le mettre en pratique! »

À L’ORIGINE, UNE ÉCOLE DE PERCUSSIONS

Louis Bellemare se présente lui-même comme un homme d’affaires et un musicien. Quelle activité prime? « J’ai une formation d’affaires, explique-t-il. Et j’ai longtemps travaillé comme financier. Mais c’était dans le milieu du
showbiz, et j’ai toujours donné des cours de percussions, pour le plaisir. J’avais jusqu’à une centaine d’élèves par semaine. » Celui qui pratique les percussions depuis le plus jeune âge peut désormais lier sa passion et son activité professionnelle en dirigeant la plus grosse école de percussions à l’échelle du Canada, et même du monde : 500 élèves par semaine poussent la porte de Samajam pour s’initier ou se perfectionner aux quatre grands styles de percussions. L’école propose également des cours de danses africaine et de gumboots.

LES PERCUSSIONS EN SOUTIEN À LA MOBILISATION D’ÉQUIPES

Mais Samajam, c’est beaucoup plus qu’une simple école de percussions. L’entreprise offre depuis quatre ans des services aux entreprises pour le moins originaux et qui font leur preuves.

« Le premier à faire appel à nos services, se souvient Louis Bellemare, c’est Loto Québec. » L’idée, comme toutes les idées géniales, est venue un peu par hasard. De nombreux gens d’affaires participaient aux cours de percussions de Samajam, avec beaucoup de plaisir. Quelle belle façon de faire le plein d’énergie et d’évacuer le stress, pensaient-ils. Pourquoi ne pas amener ça dans nos équipes de travail? L’idée a fait son chemin, et Louis Bellemare a mis sur pied ses conférences participatives de Team building et de mobilisation.

Pour que Louis Bellemare délivre ses formations, deux conditions essentielles doivent être réunies. Le président de l’entreprise qui vient chercher la formation doit s’impliquer en personne dans l’aventure: c’est lui qui lance l’activité, au tambour. « L’équipe l’admire et le suit » soutient l’animateur. Ensuite, l’interven-tion de Samajam doit avoir un sens.
« Nous devons avoir un message à passer » d’ajouter M. Bellemare. Les conférences débutent souvent par du contenu formel, le lancement d’un plan stratégique par exemple. Par la suite, il s’agit de mettre en pratique les concepts abordés. « Après en avoir parlé, il faut le vivre, affirme
M. Bellemare, et quoi de plus efficace que de le faire à travers la musique et les percussions. » Ainsi, pour mettre en pratique les notions de collaboration, les stagiaires doivent monter une pièce de percussion en six parties, en une heure. « Un beau défi collectif à relever. Tous les thèmes de gestion de projet sont là. » Le débriefing ultérieur permet de mettre en évidence les résistances des uns, le manque d’écoute des autres.
Leader au Québec pour ce type de formation, Samajam intervient auprès d’environ 250 entreprises par an, de toutes tailles et de tous domaines. Ce peut être auprès d’employés d’usines ou auprès de cadres de la haute direction ou de politiciens, pour des groupes de 10 ou de 9 000 personnes, pour une heure ou pour une journée complète.
Samajam organise du ‘’sur mesure’’. De plus, Samajam est formateur agréé par Emploi Québec et ses conférences participatives sont admissibles à la loi du 1 % formation.

UN CŒUR GROS COMME ÇA

En plus de ses activités de mobilisation en entreprises et de son école de percussions, Samajam offre un volet social et humanitaire très important. Ainsi, tous les profits de l’école sont alloués à des œuvres sociales et humanitaires qui utilisent la percussion dans leurs différentes approches. Actuellement, l’école mène des projets avec des handicapés et des
itinérants : tous les samedis, ils pratiquent la percussion, ce qui les confronte au travail d’équipe, à l’écoute de l’autre, à la responsabilisation. Samajam participe également à de nombreux concerts gratuitement ou à des levées de fonds.

Anne Campagnie



Gérard Therrien

TOP 50 
CUVÉE 2009