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Funcom, de Norvège, doit créer 100 emplois à Montréal, en 2010, comparativement à 60 par THQ, de Los Angeles, et à au moins 50 autres par Laboratoires Bug-Tracker, une société de contrôle de la qua-lité et de tests, basée en France. Ubisoft dénombre déjà plus de 1800 employés à Montréal et 200 à Québec, comparativement à 700 pour Electronic Arts, un autre leader mondial, sans parler de fournisseurs comme Bug-Tracker, avec 150 de ses 450 employés sur le boulevard Pie-IX, à Montréal (voir autre texte, page 3).

À l’heure où le raffinage du pétrole dans Montréal-Est et plusieurs autres secteurs économiques, comme l’incontournable aéronautique avec plus de 40 000 emplois concentrés dans la région métropolitaine -- au 3e rang mondial (Bombardier), derrière Seattle (Boeing) et Toulouse (Airbus) _ traversent de fortes turbulences, le Québec se dote d’une nouvelle industrie, virtuelle, qui vise les sommets mondiaux et promet de bons salaires, aux jeunes en particulier, grâce à des milliards de dollars investis.

Risque, controverse

Quand Québec invite les frères bretons Guillemot à implanter Ubisoft à Montréal, alors que Paris doute encore des perspectives d’avenir de cette industrie naissante, le pari n’est pas sans risque, ni controverse non plus.

En échange de salaires subventionnés, Ubisoft promet en 1997 de créer 1000 emplois en 10 ans à Montréal, une cible largement dépassée.

Ubisoft réalise déjà à Montréal près de 50% de sa production mondiale de jeux vidéo. Cela a suscité l’intérêt de Vanvouver et de Toronto. Ainsi, Ubisoft doit créer 800 emplois à Toronto d’ici 2019, grâce à plus de 500 millions investis dans son nouveau studio, et le gouvernement de l’Ontario va y injecter 263 millions.

82 % de joueurs

L’industrie des jeux vidéo fait moins de sceptiques. Selon une étude de décembre 2009 de la société de recherches NPD Group, de New York, 82% des jeunes de 17 ans et moins aux États-Unis, au nombre de 56 millions, sont des joueurs actifs. Sans parler des adultes, y compris des femmes en nombre croissant.

Le Québec n’a pas lésiné sur les moyens pour gagner. Et Ubisoft a contribué à attirer à Montréal de nombreuses grandes compagnies de l’industrie mondiale, en plus d’aider à la création de plusieurs PME locales.

De fait, après Funcom et Eidos, le groupe américain THQ, un des cinq leaders mondiaux, est à la veille de choisir l’immeuble où il s’implantera à Montréal, pour y produire des jeux vidéo vedettes, mais aussi du contenu 3D pour le cinéma. THQ y créera un total de 400 emplois d’ici 5 ans, après de 125 à 150 millions américains investis, mais son studio de Montréal deviendra déjà le plus grand du groupe californien dans le monde d’ici trois ou quatre ans, déclarent à La Nouvelle Édition Danny Bolson, vice-président principal, Steve DeCosta, vice-président aux finances et à l’administration, Julie MacMedan, vice-présidente aux relations avec les investisseurs et aux communications, et Dave Gatchel, directeur général de THQ à Montréal. Investissement Québec tente d’attirer THQ depuis 2005.

Par sa stratégie sur les jeux vidéo, Québec a notamment voulu créer des emplois pour les jeunes qui, selon une étude des comptables KPMG, peuvent aujourd’hui profiter d’un salaire moyen de 60 700 US
à Montréal dans cette industrie. Les dirigeants de THQ assurent même que
le salaire de base de ses 60 nouveaux employés sera de 60 000 $.

Laurier Cloutier

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De fait, l’affluence dans les salles de montre, au Québec et à Montréal, et les dernières statistiques de ventes semblent confirmer que « l’année difficile est
passée et que ça repart en hausse en 2010 », déclare à La Nouvelle Édition Carole Leblanc, présidente du salon.

Tous les constructeurs de l’auto sont d’ailleurs arrivés pour le salon de Montréal, du 15 au 24 janvier 2010, au Palais des congrès, souligne le directeur principal, Denis Dessureault, alors qu’au salon de Détroit, plus petit cette année, il y a des absents.

« Le début de 2009 a été très difficile, mais la fin de l’année a été bonne au Québec », explique Carole Leblanc. Si encore l’automne dernier, les ventes annuelles de véhicules au Canada chutaient de 14 %, celles du Québec reculaient de 10 %. Mais les ventes ont grimpé de 8,5 % au Québec en novembre dernier, dit-elle, et celles du Canada ont même bondi de 17,8 % en décembre, selon le spécialiste Dennis DesRosiers. Les concessionnaires canadiens ont ainsi conclu 2009 avec une baisse des ventes limitée à 10,7 %, ajoute DesRosiers Automotive, et bien plus modeste au Québec.

« Ça a été moins pire qu’on l’a craint », souligne Jean Cadoret, porte-parole de la Corporation des concessionnaires du Québec (CCAQ), qui termine 2009 avec 810 membres, soit tout de même une trentaine de moins que l’année précédente. « Des concessionnaires, de GM surtout, ont fermé, mais plusieurs prennent d’autres franchises, de Hyundai et de Kia. Donc, il y aura une reprise du membership en 2010 », espère Jean Cadoret.

Jacques Béchard, PDG de la CCAQ, explique que GM a aboli 240 concessions au Canada, dont 60 au Québec. « C’est du jamais vu ». Par contre, Chrysler n’a pas fermé de concessionnaires au Canada. Aux États-Unis, les ventes ont dégringolé de 17 à 10 millions de véhicules, « une catastrophe. Ici, on se console », dit-il.

De son côté, la Corporation des concessionnaires de Montréal termine 2009 avec seulement deux membres de moins « et un grand soupir de soulagement », reconnaît Denis Dessureault. « Deux catégories de véhicules ont connu une année record, les luxueux (comme Audi, Mercedes-Benz) et les moins coûteux (Hyundai, Kia) ».

« La période creuse est finie. Il y aura beaucoup d’action au salon de Montréal et on pourra s’y rincer l’œil. L’année 2010 semble partie pour une bonne reprise des ventes au Québec. Les gens de l’auto savent toujours se retrousser les manches », assure Carole Leblanc,
la première femme présidente du salon depuis très longtemps. La rentabilité demeurera cependant un défi pour l’industrie mondiale de l’auto en 2010, selon une étude de KPMG.

Par ailleurs vice-présidente et copropriétaire du concessionnaire Mercedes de Laval, Carole Leblanc veut attirer plus de femmes au salon de l’auto, toujours une « affaire de gars », note Denis Dessureault, même si les femmes prennent la moitié des décisions d’achat de véhicules.

Ainsi, M. Dessureault s’attend à « un peu plus de 200 000 visiteurs au salon en 2010, comparativement à 186 000 l’an dernier, après une baisse de 9 % ».

Carole Leblanc et Denis Dessureault leur offrent 26 premières canadiennes des constructeurs, des surprises de Honda et de Mitsubishi, des voitures classiques, des micro-véhicules, de grandes québécoises, un simulateur de F1, des essais routiers, des autos écologiques et trois journées roses.

Laurier Cloutier

Voilà 10 ans que le CIBIM soutient et développe la culture alimentaire. Le CIBIM ? Le Conseil des Industries Bioalimentaires de l’Île de Montréal. À partir de ses bureaux de l’avenue Pierre-de Coubertin, l’organisme soutient les entreprises du secteur alimentaire et permet aux consommateurs de découvrir de nouvelles saveurs offertes par des produits transformés à Montréal.

Montréal n’est pas réputée pour ses champs de céréales ni sa production de canneberges. Même si l’île compte de nombreux érables, l’acériculture est peu développée… Et pourtant, la métropole, dans le domaine alimentaire, n’a pas à rougir en comparaison avec les autres régions du Québec. Si la production n’est pas au premier plan, la transformation des produits alimentaires est bien développée. Selon Johanne Tremblay, présidente du CIBIM, l’île de Montréal compte près de 400 PME (petites et moyennes entreprises) dans ce secteur. « Industrie assez peu connue, elle est cependant l’industrie manufacturière la plus importante en termes d’emploi, de volume produit et de chiffre d’affaires généré », remarque Annick Van Campenhout, directrice générale du CIBIM.
Créer un pôle bioalimentaire montréalais

Le CIBIM est l’une des dix-sept Tables de concertation du Québec mises en place par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation pour promouvoir les produits locaux et le développement économique dans le secteur bioalimentaire. Si les autres Tables de concertation axent leurs actions sur leurs produits du terroir, le CIBIM, lui, met en avant la grande créativité de ses membres. Le Conseil réunit les entreprises de transformation et les distributeurs. « Nous avons un mandat de concertation, rappelle sa directrice générale. Transformateurs et distributeurs se rencontrent et mènent des actions communes. »

Le CIBIM est présent auprès des entreprises du secteur bioalimentaire à toutes les étapes de leur vie. Il encourage les créations d’affaires, tant dans le secteur de la transformation que de la distribution. Il les soutient ensuite dans leur développement, avec l’idée de créer un véritable pôle bioalimentaire à Montréal. Pour atteindre cet objectif, un service de mentorat est proposé, depuis 2001, aux entreprises de transformation membres du CIBIM. Des entrepreneurs chevronnés offrent un encadrement aux plus jeunes, les faisant bénéficier de leur expérience, de leurs conseils et de leurs encouragements. Cela permet également de développer son réseau d’affaires.

Pour ses 10 ans, un show gourmand !

Créé en 1999, le CIBIM a voulu marquer son 10e anniversaire par une action représentative. Il a ainsi lancé le projet des Shows gourmands-Ateliers de goût urbain, qui illustre bien la synergie entre ses membres transformateurs et ses membres distributeurs. Ce projet prend place dans la campagne promotionnelle Mettez le Québec dans votre assiette. Son objectif ? Promouvoir les entreprises de transformation de l’île de Montréal en faisant découvrir de nouvelles saveurs aux consommateurs, avec l’appui des distributeurs. Les shows gourmands prennent ainsi la forme de journée de dégustation, toutes les fins de semaine jusqu’au début du mois de juin, organisés dans les magasins des trois bannières associées — Metro, IGA et Loblaws. L’île de Montréal accueille de nombreux immigrants, qui apportent avec eux leur culture alimentaire. La métropole est devenue un creuset où les saveurs se mêlent. Avec ces shows, le CIBIM veut faire découvrir la grande diversité culturelle et surtout l’inno-vation dont font preuve les transformateurs. Les exemples sont nombreux. C’est cet immigré d’origine magrébine qui apporte dans ses valises la recette des pains berbères de sa grand-mère. Utilisant des produits québécois, comme la farine, et des produits étrangers, comme les graines de nigelle, il propose aujourd’hui d’authentiques pains berbères fabriqués à Montréal. Citons également cette entreprise qui offre des soupes aux parfums originaux : tomate-mangue ou poire-poireau. « L’innovation et la création sont très présentes sur l’île de Montréal. Les shows gourmands nous permettent de les faire découvrir aux Montréalais, en plus de sensibiliser les consommateurs à l’achat local et responsable », note la directrice du CIBIM. Car qui dit achat de produits transformés sur l’île de Montréal dit développement économique et valorisation de l’emploi local.

À l’heure de la mondialisation et de la diversité culturelle, l’industrie bioalimentaire montréalaise a su développer son esprit créatif. Le CIBIM sera encore longtemps à ses côtés pour soutenir ses innovations et assurer le développement économique de ce secteur gourmand.

Anne Campagnie

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Gérard Therrien

TOP 50 
CUVÉE 2009