Course aux exportations diversifiées
du Québec, avec Pierre Arcand
Chine, Inde, Russie, Japon, Brésil, Europe, États-Unis, alouette. Voilà une liste sommaire des marchés prospectés depuis 18 mois par le ministre québécois des Relations internationales, Pierre Arcand, accompagné par des dizaines d’entreprises.
Car avec la concentration des trois-quarts des exportations canadiennes aux États-Unis (qui peinent encore à sortir de la récession) et avec la « baisse des expéditions des exportateurs québécois en termes réels depuis quatre ans », souligne l’économiste de l’Institut de la statistique du Québec, Pierre Lachance, il faut absolument diversifier les marchés.
D’où entre autres la négociation d’un accord de libre échange avec l’Europe par le premier ministre du Québec, Jean Charest, et celui du Canada, Stephen Harper.
Le ministre Arcand rappelle au journal La Nouvelle Édition que les exportations québécoises vers les États-Unis ont chuté de 58 à 51 milliards, en raison notamment des problèmes des pâtes et papiers et de l’aéronautique.
C’est la première fois en 50 ans que la reprise américaine ne sera pas alimentée par les consommateurs (moins d’achats à l’étranger). En outre, « les États-Unis vont devoir exporter davantage. Il faut donc regarder ailleurs, dont les pays émergents et l’Europe », explique Pierre Arcand, député de Mont-Royal et ex-président de Corus Québec (CKOI, 98,5FM).
Avec l’éventuel libre échange Canada-Europe, le volume des échanges entre les deux partenaires devraient tripler en moins de cinq ans, selon Ottawa. Comme ce sont surtout l’Ontario, le Québec et l’Alberta qui profiteraient d’un tel accord, le gouvernement québécois pousse fort à la roue, déclare Pierre Arcand.
Grâce à l’Alena, les exportations au Mexique ont grimpé de 500 %. Quant à celles destinées à la Chine, elles bondissent de 600 %, même si les chiffres bruts ne sont pas encore énormes, concède le ministre.
À la mi-mai, Pierre Arcand visitera cette fois la Corée du Sud, de même que Shanghai, avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay. Les conseils d’admi-nistration de la Corée prennent des décisions plus rapides que ceux du Japon, note le ministre.
Pierre Arcand a aussi visité la Suède et la Norvège, dont The Petroleum Fund norvégien, avec un actif de plus de 450 milliards (près de quatre fois celui de la Caisse de dépôt) et 1 % des actions mondiales, mais qui pourrait acheter davantage d’obligations d’Hydro-
Québec et du Québec, en route vers l’équilibre budgétaire.
Pierre Arcand se rend tout de même aux États-Unis à chaque mois et pas seulement en Nouvelle-Angleterre. « Il faut diversifier la stratégie. Québec va peut-être ouvrir un bureau au Texas. Cet
État fait partie de l’Alliance du sud-est
américain avec qui le premier ministre Charest vient de discuter. La relance américaine va passer par le sud-est. Le Texas groupe 68 des 500 grands sièges sociaux du monde. Son économie compte d’importants volets éolien, gazier, électronique et biomédical. À lui seul, le Texas a une production (PIB) équivalente à celle de tout le Canada (1300 milliards) ».
Dans ce contexte, les exportateurs embarquent dans le train avec le ministre Arcand. Plus de 45 compagnies ont participé à la mission en Chine, l’automne dernier, et une centaine à celle en Inde, note-t-il.
« Depuis 18 mois, les délégations du Québec à l’étranger ont aidé 1805 compagnies », souligne Pierre Arcand. Et il faut diversifier encore.
Laurier Cloutier
Laurier Cloutier
Un arrondissement aux multiples attraits
Ahuntsic-Cartierville est le 5e plus gros arrondissement : il compte un peu plus de 123 000 habitants sur 23 km2. Arrondissement résidentiel et verdoyant, il offre de belles opportunités d’installation, tant pour l’habitation que pour les affaires, pour qui veut profiter d’une bonne qualité de vie et d’infrastructures de transport développées. Coup de projecteur avec son maire, Pierre Gagnier.
Différents projets immobiliers résidentiels sont en cours sur l’arrondissement. L’un d’eux – un immeuble de huit étages incluant une résidence pour personnes âgées – se situe près de la station de métro Henri-Bourassa. Les travaux devraient débuter à l’automne. Un autre projet de
1 200 logements sur le boulevard Bourassa est dans les cartons, sur un terrain qui appartenait à la province. Quant à la Place L’Acadie, trois grands bâtiments sont déjà construits. « C’est un projet de 1,2 milliard », rappelle le maire d’arrondissement.
Des répercussions sur le
développement économique
Un apport de population a forcément des répercussions sur le développement économique d’un arrondissement. Ahuntsic-Cartierville compte déjà plusieurs zones commerciales, bien implantées. Ainsi, le Marché central, au carrefour de l’autoroute métropolitaine et du boulevard de L’Acadie. Sur cet emplacement se trouvait, dans les années 50, un marché de gros pour les maraîchers. Aujourd’hui, c’est l’un des plus importants centres commerciaux au Canada, avec un million de pieds carrés et 60 locataires. Il accueille, chaque année, quelque dix millions de visiteurs. Des projets d’agrandissement sont sur la table. La Promenade Fleury, quant à elle, regroupe 235 établissements, entre les rues Saint-Hubert et Papineau. « Il y a là un groupe de gens d’affaires très actif », se réjouit l’élu.
Enfin, le secteur Chabanel a bénéficié de subventions de la Ville l’an passé : 20 millions de dollars ont été alloués pour supprimer les poteaux électriques et enfouir les fils, pour doter la rue d’un mail, de trottoirs larges et d’arbustes. Bref, un milieu plus convivial pour amener du sang neuf.
Ce secteur Chabanel–Saint-Laurent, très prospère après la guerre, quand Montréal était un des piliers nord-américains de l’industrie textile, est donc en train de vivre une seconde jeunesse. Avec la mondialisation, la Chine a porté un coup fatal à ce secteur d’activité. L’arrondissement avait donc entrepris un travail pour redynamiser ce quartier en développant un pôle de la mode. « Aujourd’hui, on a dépassé cela, note Pierre Gagnier. On a de nouvelles vocations pour non seulement les industries traditionnelles, mais aussi pour les entreprises de service, comme il y en a dans le bas de la ville : espaces loués à des banques ou à des entreprises comme UbiSoft ou d’autres qui viennent s’établir sur notre arrondissement. Un projet majeur devrait se concrétiser bientôt. » Affaire à suivre.
Une offre de transport importante
Pour soutenir le développement économique, l’arrondissement peut s’appuyer sur des infrastructures de transport très avantageuses : une ligne de métro, deux lignes de train, des artères importantes comme les rues Saint-Laurent, Saint-Hubert et Sauvé, les boulevards de L’Acadie et Henri-Bourassa, les autoroutes 15 et 40. Le train de l’Est doit également s’arrêter dans l’arrondissement, un édicule étant prévu juste derrière le Marché central ainsi qu’une connexion avec le métro à la station Sauvé. Les infrastructures routières demeurent une des priorités de l’arrondissement qui a accordé, dans son programme triennal d’immobilisations, une somme de
1 500 000 $ pour 2010 pour la réalisation des travaux de réfection routière et de reconstruction de rues dans l'arrondisse-ment, comme précisé lors du conseil municipal de début avril.
« On a les institutions de savoir – cégeps et écoles –, on a les services de transports, on a de l’espaces pour accueillir les entreprises, on a une très belle qualité de vie avec 12 km de berges sur la Rivière-des-Prairies, on a les services de proximité », résume le maire de l’arrondissement. Les portes d’Ahuntsic-Cartierville sont grandes ouvertes aux nouveaux résidents et aux gens d’affaires, à tous ceux qui veulent
profiter de l’essor de Montréal sans avoir à traverser des ponts.
Anne Campagnie
LaSalle se projette dans 20 ans
Un plan d’action économique ne se consacre pas uniquement à de nouveaux projets de développement et d’expansion, il vise aussi le maintien de services de qualité reconnus. En 2011, LaSalle procèdera à une première évaluation de ses actions qui devraient avoir transformé l’arrondissement dans 20 ans.
« Pour bien réussir un plan économique, je pense qu’il faut travailler sur plusieurs fronts en même temps, en tout cas, c’est ce que nous faisons à LaSalle », avance la mairesse Manon Barbe, en présentant la stratégie de son arrondissement qui s’appuie en grande partie sur le Plan d’action local pour l’économie et l’emploi (PALÉE). Pour son développement, LaSalle mise aussi bien sur la nouvelle économie que sur la localisation, la qualité de vie et le développement durable.
Fonctionnant par tranche de trois ans, le PALÉE a été mis en application en 2008. Il a été conçu conjointement par l’arrondis-sement et l’entreprise Développement économique LaSalle. Bien qu’indépendante, cette dernière est proche de l’administra-tion de LaSalle, puisqu’elle occupe les locaux de la mairie et est quotidiennement en contact avec ses départements, dont celui de l’urbanisme. « Cette situation nous permet d’être très dynamiques », explique Amélie Douesmard, agente de développement et responsable de la communication. Titulaire d’un double mandat – du gouvernement (CLD) et de l’arrondissement –, Développement économique LaSalle est à la fois responsable des entreprises en démarrage et des entreprises en expansion.
« De quoi voulons-nous que LaSalle ait l’air dans 20 ans ? », voilà la question que le directeur général de Développement économique LaSalle, Jacques Fortin, et son équipe se sont posée. Le plan économique, qu’il qualifie d’« audacieux », se donne notamment comme objectif d’assurer « une transition vers la nouvelle économie ».
Optique-photonique et
environnement
Ainsi, LaSalle souhaite développer deux nouveaux secteurs : les technologies
relatives à l’optique-photonique (lumière, lentille, laser, fibre optique, etc.) et l’industrie de l’environnement.
Lumid est un exemple d’entreprise lasal-loise spécialisée en optique-photonique. Celle-ci a entre autres participé à la con-ception de la vasque de la flamme des derniers Jeux olympiques. Afin d’attirer de nouvelles entreprises dans ce secteur,
LaSalle compte notamment sur les
travaux de recherche et de développement, en la matière, du Centre collégial de transfert technologique (CCTT) auquel participe le Cégep André-Laurendeau, Optech.
Partant de la volonté de se lancer dans le développement durable, LaSalle est en train de mettre en place un écocentre à vocation industrielle – le premier de nouvelle génération à être implanté par Montréal. « On veut développer tout le secteur des entreprises de technologies environnementales autour de cet écocentre », note
M. Fortin. De manière plus générale, il permettra aussi d’augmenter la performance environnementale des entreprises, tous domaines confondus.
Les secteurs traditionnels – alimentation, mécanique, matériaux de construction, etc. – ne sont pas laissés en reste. LaSalle continue de soutenir ces secteurs « forts » à l’aide d’un plan d’innovation qui vise à maintenir leur compétitivité et à accroître leur expansion sur le marché.
Par ailleurs, « quand on veut faire du développement économique, il faut être capable d’offrir une qualité de vie sur le territoire », raconte la mairesse. Ce ne sont pas uniquement les travailleurs que LaSalle souhaite séduire, ce sont aussi les familles. C’est pourquoi LaSalle concentre ses efforts pour améliorer le milieu de vie de ses 75 000 habitants aujourd’hui.
Toutefois, l’arrondissement propose déjà de nombreux services de proximité : des écoles primaires et secondaires bilingues, un cégep, un hôpital, des parcs, des équipements de loisir, des moyens de transport, etc. Ce volet du plan d’action a avant tout pour but de maintenir la qualité de ces services. « On investit pour que LaSalle continue d’être une place accueillante où il fait bon vivre », précise Mme Barbe.
En harmonie avec le transport
Près de 98% du territoire de LaSalle est développé. Par conséquent, l’arrondis-sement planche désormais sur un projet de redéveloppement en vue d’accueillir d’autres résidents. Une multitude de projets ont été accumulés – certains sont à l’étude, d’autres déjà en construction –, surtout dans le quartier Angrignon, où le développement se fera en hauteur. Une densification est prévue plus précisément sur l’axe Newman entre Angrignon et Lapierre. L’objectif est de créer un TOD (transit-oriented development), où le développement se fait autour du transport.
De ce fait, les transports en commun sont aussi en phase d’amélioration à LaSalle. Une nouvelle ligne de bus a par exemple été implantée pour faciliter les déplacements entre Lachine et l’arrondissement. Celui-ci compte près de 24 000 travailleurs. Tous ne résident pas à LaSalle, il faut donc pouvoir offrir à ces voyageurs des moyens de transport pratiques. Dans une même logique, l’arrondissement investit aussi dans l’amélioration des infrastructures routières.
Une localisation enviable
Pour les entreprises et travailleurs qui ne sont pas encore convaincus du potentiel de LaSalle, il reste un atout majeur qu’il ne faudrait pas oublier de mentionner : sa localisation. LaSalle est proche de l’autoroute 20 pour aller vers l’ouest, en direction de l’Ontario, proche du pont Mercier et proche du centre-ville.
Toujours à la recherche d'améliorations, l'arrondissement compte renforcer cet atout. Des revendications concernant le réaménagement de l’échangeur Turcot ont ainsi été prises en compte dans le projet présenté récemment par Montréal : l’ajout de deux viaducs pour franchir le canal de Lachine, l’aménagement d’une ligne de tramway sur la rue Dollard, reliant LaSalle et Lachine au centre-ville, et surtout, le maintien de l’échangeur autoroutier. « Pour nous, c’est inconcevable d’avoir un boulevard urbain dans l’échangeur Turcot », assure Mme Barbe.
Quand on demande à la mairesse si elle pense que le dossier Turcot évoluera positivement, elle se dit « très confiante ». « Québec doit faire une démarche pour comprendre la réalité des gens qui vivent autour et qui doivent utiliser cet axe routier. On ne peut pas juste refaire les mêmes erreurs qu’il y a 40 ans », conclut-elle.
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