| Le pouvoir des mots
Maintenant qu’on a amassé beaucoup d’infor-mations, tant celles reliées à l’historique que toutes les autres, il faut en faire une synthèse
logique, factuelle et compréhensible. La valeur de ces informations récoltées n’est pas la même; certaines parlent par elles-mêmes d’autres sont suspectées ou présumées. Le professionnel dans ce cas, doit poser un autre geste qui là implique son jugement. Il priorise les éléments décisionnels et ce, en ayant en tête que l’objectif ultime du mandat est de savoir s’il y a un risque environnemental ou non qui peut affecter le site à l’étude.
Pour la logique d’écriture, on s’en remet à
l’approche de la norme canadienne en ce sens. Oui, ce genre d’exercice est «normé» et en
général, la plupart des consultants vont suivre
la dite Table des matières proposée.
À priori, le rédacteur doit s’en tenir à un langage neutre, technique et objectif. La clarté des
observations constatées, des descriptions et des faits sont à la base fondamentale d’un bon
rapport.
Ce rapport débute en général par la portée du mandat (contrat) qui a été réalisé. Le succès d’une évaluation environnementale phase I est de s’assurer qu’on a rencontré les objectifs du mandat. Le consultant sera peut-être appeler
au tribunal et il devra défendre tout d’abord son mandat. Par la suite, les résultats s’imposent mais ils sont en lien direct avec l’objectif et la portée du contrat donné.
Un autre point important consiste à la précision sur l’emplacement du site à l’étude. En effet, il arrive fréquemment que le site faisant l’objet
du rapport ne correspond pas à celui qui fait l’objet soit de la transaction ou du mandat.
Est-ce que l’adresse est complète? Avons-nous le bon lot ? Les bons lots ?
Par ailleurs, bien que ce document (ce rapport), est un écrit scientifique et technique et il s’adresse à un vaste auditoire qui en fait une lecture différente selon leur degré de connaissance dans le domaine et aussi en fonction de leurs propres intérêts. La fenêtre de compréhension et d’interprétation n’est pas la même selon que vous êtes l’acheteur, le financier, le vendeur et aussi le professionnel.
Vous comprendrez alors que la qualité du français est importante pour faire passer le message. Ici, je ne vous parle pas de la virgule mais du choix des mots. Parler de «fortement contaminé» au lieu de «contaminé» implique pour certains lecteurs, toute une différence. Sur le choix des mots, des conséquences significatives vont s’imposer et cela, au-delà de la réalité de risque environnemental du site.
Les ambigüités laissent place à toutes sortes d’interprétation qui ne servent ni le projet, ni le client et ni le rédacteur. Le choix des mots est l’essence même de cette chronique (quel préam-bule !). Vous ne pensiez pas qu’un rédacteur technique puisse écrire un texte avec de la profondeur, du vécu ou des sentiments ? Eh bien, vous vous trompez! Certains rédacteurs vont d’ailleurs prendre un style tendancieux. Dans ce cas, non seulement ils ne possèdent pas les don-nées techniques pour confirmer telle chose mais ce style va les impliqués sérieusement dans une responsabilité professionnelle. Un litige légal pointe alors à l’horizon. Le style trop optimiste voire «minimisateur» ou à l’opposé un style
apocalyptique ne rend pas service au dossier. Les risques environnementaux doivent être
exposés sans égard.
La période de temps allouée à un rédacteur est une autre considération. Malgré les limites
imposées, le professionnel va rédiger un texte qui se doit d’être compréhensible.
Enfin, le rapport doit comporter une conclusion qui ne laisse pas à l’interprétation ou à la création de zone grise ou nébuleuse. Le professionnel doit mettre ses «culotes». N’hésitez pas à le confronter à ce sujet. Mais n’oubliez pas qu’il doit afficher neutralité et qu’il est redevable aux réalités des risques environnementaux qui
affectent ou qui peuvent affecter une propriété. La responsabilité à cet égard se traîne longtemps; le coût des assurances professionnelles est d’ailleurs le reflet de cette réalité.
S’il y a une recommandation, elle doit bien sur être bien définie et supportée.
En terminant, malgré tout ce que je vous ai
raconté, il doit y avoir une relation de confiance entre le mandataire et le professionnel.
Que de mots, que de maux, mais choisissons
les bons!
À bientôt !
Vos commentaires sont appréciés.
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