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Parution : Octobre 2007

Analyse des tendances en matière de médicaments en 2006 (4)
Nouveaux outils de gestions et de contrôle des coûts


La première partie de cette série sur les tendances en matière de médicament cherchait à démontrer ce qui avait marqué l’année 2006 en termes de coût et de profils de consommation.

Cette deuxième partie vise davantage à traiter des solutions que l’on tente présentement de mettre de l’avant afin de ralentir ou de freiner l’escalade des coûts. Précisons d’entrée de jeu que ces outils, que je qualifie de «nouveaux», n’ont pour certains d’entre eux justement rien de nouveau. La seule innovation tient aux moyens informatiques permettant d’implanter avec efficacité ces outils qui, par le passé, n’avaient pu tenir leurs promesses.

Ces outils qui prétendent permettre des économies pouvant aller jusqu’à 25% se révèlent probablement efficaces pour un échantillonnage restreint de régimes. Il reste à généraliser ces résultats auprès d’une majorité de groupes assurés à travers le Canada et surtout au Québec.

Je fais la distinction parce que le régime d’assurance médicaments du Québec rend inopérant les plus importants outils proposés dans le cadre de cette série. Une fois adaptées aux conditions particulières québécoises, les économies observées au Canada deviennent marginales chez nous. En parler n’est toutefois pas sans intérêt pour les responsables de groupe qui ont des employés d’un océan l’autre.

De plus, adaptés à la sauce québécoise, ces outils, quoique potentiellement limités, ont le mérite de mettre de l’avant des mécanismes de saine gestion qui peuvent porter fruits. Tout ce qui favorise l’équilibre financier des régimes d’assurance collective doit être salué. Il nous vient souvent des idées des autres provinces du Canada, qui ont l’avantage d’avoir été concrètement expérimentées.

Plusieurs de mes collègues démontrent un grand scepticisme face aux retombées concrètes des mesures que je m’apprête à vous présenter. L’encadrement de notre régime d’assurance médicaments limite beaucoup la portée de ces initiatives. Mon propos n’est pas de faire le procès du régime universel d’assurance médicament du Québec. Bien au contraire, nous vivons au Québec depuis 1997 avec un régime d’assurance médicaments qui définit les niveaux minimums de protection et fixe des plafonds au bénéfice des individus qui ont des réclamations trop écrasantes pour être assumées par une seule personne.

Rappelons-nous simplement que, malgré ces minimums et ces plafonds qui déterminent nos régimes, il y a maintenant des médicaments dont le coût annuel moyen est de 20 000$ à 30 000$ par année. Conséquence, il n’est pas rare de voir une prime d’assurance médicaments pour une couverture familiale de l’ordre 250$ à 300$ par mois.

Dans ce contexte, mon propos est d’exposer les avantages et les limites de ces outils de gestion et de contrôle des coûts qui ont un succès hors du Québec. Compte tenu du contexte qui prévaut ici, comment pourrions-nous profiter au maximum de ces outils ?

Au cours des prochains mois, nous analyserons
donc :

1. La coordination des prestations avec des économies potentielles allant de 10% à 12%.

2. Le plafonnement des honoraires des pharmaciens, qui génèrerait des économies de 5% à 6% d’économie.

3. L’établissement d’un régime de substitution générique, qui aurait un impact à la baisse sur la tarification de 1% à 2%.

4. La conception d’une liste de médicaments dynamique, qui prône des réductions de 4% à 5%.





Gérard Therrien

TOP 50 
CUVÉE 2009