| Laurent
Blanchard, 50 ans. Directeur général
de la CDEST jusqu'en juin 2002.
Fils d'éditeur,
homme d'idées, homme de visions et
bientôt peut-être homme de plume.
Par Gérard Therrien
Mots
d'est
| 1951 |
Naissance: 25 novembre |
| 1970 |
Premier voyage en Europe |
| 1976 |
Entrée en poste aux
Nouvelles de l'Est |
| 1987 |
Des Nouvelles de l'Est à
Télémédia |
| 1991 |
Décès de son
père |
| 1991 |
Entrée en poste à
l'Hôtel de Ville de Mtl |
| 1991 |
Naissance d'Adam |
| 1995 |
Arrivée à la
CDEST |
«
La plus belle c'est Morgan, une rue qui rappelle
le faste, le lustre passé de la Cité
de Maisonneuve » me lance-t-il sans
une seconde d'hésitation. «Oui...oui,
c'est la plus belle !»
Certains
le disent singulier alors que d'autres lui
accordent une belle vivacité intellectuelle
; à la fois aimé et détesté,
l'homme n'en a cure. Bien reçu chez
les gens de lettres, il en va autrement
chez les gens d'affaires où il dérange,
détonne, froisse un peu. Est-ce là
le fait de sa physionomie qui nous rappelle
le personnage issu à la fois du roman
rocambolesque et de celui plus prosateur
d'un Proust ? Est-ce en raison de son implication
au niveau sociétal ? Allez savoir,
l'énergumène maîtrise
le verbe tantôt comme un Cyrano, tantôt
de façon aussi tranchante que le
fil de l'épée d'un Pardaillan
pourfendant au nom de l'exclu! Que penser
du personnage ?
Un homme de rôle aimant retenir l'intérêt.
Un comédien ? Un homme à la
recherche d'un nouveau défi parce
que celui qu'il s'était fixé,
il y a quelque sept ans, lors de son arrivée
à la corporation de développement
économique communautaire d'Hochelaga-Maisonneuve/Mercier
(CDEST) à titre de directeur général,
est dépassé ? Un homme heureux
devenu un peu triste, un homme un peu las
ou simplement un homme qui refuse le sempiternel
bilan de la prime cinquantaine ? Que de
questions ! Tel l'anguille il se fait insaisissable,
il n'y a que lui pour savoir !
Homme à le devenir
« J'adore la rue Adam parce qu'elle
est vivante, grouillante d'enfants qui s'amusent...»
Rue Cadillac, un vingt-cinq novembre
de l'année 1951 naissait Laurent
Blanchard. Il a toujours vécu à
Montréal. « J'ai toujours
été dans l'Est de Montréal,
je suis un aborigène de troisième
génération » se plaît-il
à dire. C'est à l'âge
de dix ans qu'il quittera Mercier-ouest
pour emménager dans le duplex petit
bourgeois dont ses parents viennent de se
faire acquéreurs rue Lebrun. Le frère
de Louise, journaliste au Journal de Montréal
signant sous la rubrique cinéma,
et de Lorraine, professeur de musique, a
toujours été parmi les premiers
de classe : « Je n'avais pas de
mérite, j'étais un premier
de classe génétique »
lâche-t-il à la blague, merci
papa ! merci maman ! « Parce qu'en
ce temps-là, à l'école,
ce qui comptait c'était la faculté
mnémonique et j'avais une excellente
mémoire, je retenais très
bien les choses. Donc j'étais premier
de classe par habitude, non par conviction
! »
Une enfance pareille aux autres, rien de
particulier : deux surs, fils de famille
de petite bourgeoisie de l'Est, préférant
la lecture d'un Tintin à n'importe
quoi. « C'était sous forme
d'hebdomadaire que les histoires de Tintin
étaient publiées dans ce temps-là,
de même que Spirou, Pilote. »
Il avoue ne pas avoir été
attiré dans son adolescence par les
traditionnels Sartre, Aymé et compagnie,
« La Peste de Camus, j'ai dû
m'y reprendre à trois fois avant
d'en venir à bout. » Jeune,
déjà, la marge se creusait,
« Je préférais les
lectures iconoclastes, satiriques, je n'étais
pas très porté vers les classiques.
»
À dix-sept ans, cheveux bruns à
quelques centimètres des épaules,
au temps des Beatniks, puis du Peace and
love, la jeunesse se croyant unique, refaisait
le monde, Laurent n'était pas différent
: « Avec ma guitare, je sévissais
à titre d'auteur-compositeur le weekend
dans les boîtes à chansons
situées en sous-sol d'église.
Nous changions le monde en paroles et la
parole d'un Laurent Blanchard était
tout aussi importante à mes yeux
que celle d'un Dylan, Lennon ou d'un Donovan.
La paix, l'amour, les feux de camp, je me
rendais sur le pouce jusqu'à Percé
la guitare sèche sur le dos rejoindre
les amis à la Maison du pêcheur,
c'était la période des Plume
Latraverse et Tex Lecor, c'était
le temps de la parole comme expression de
la volonté. »
Drop-out, en 1971 il abandonne ses cours,
il y reviendra quelques années plus
tard pour continuer ses classes en Administration.
Parvenu à vingt-deux ans, il troque
son Levi's et ses souliers de suède
pour un costume de ville, une nouvelle dimension
s'ouvre à lui : il se fait représentant.
Cinéphile prospecteur, preneur de
commande, il propose des films aux ciné-clubs
des universités et des cégeps
partout au Québec. Ce n'est que trois
ans plus tard, à l'âge de vingt-cinq
ans qu'il acceptera de travailler pour son
père devenu depuis 1975 éditeur
d'un journal local dans l'Est de Montréal
appelé Les Nouvelles de l'Est. «
On peut dire que c'est là que ma
carrière professionnelle a vraiment
commencé. »
Homme d'idées
« Je me souviens de la rue Cadillac
quand j'étais petit et que je regardais
les chars allégoriques monter la
côte pour se rendre au Jardin botanique
afin de se faire une beauté pour
la grande parade de la Saint-Jean Baptiste,
maudit que c'était beau !»
Sa verve et son verbe lui viennent de son
père qui lui-même tâtait
de la plume : « Pour moi l'écriture
c'est génétique. Mon père
a fait ses débuts à la Tribune
de Sherbrooke et au Sherbrooke Herald en
1947. Il faisait ce que l'on appelait à
l'époque de l'advertising , cela
comprenait de la chronique, du publi-reportage,
du travail rédactionnel, de la publicité.
» Lors de notre conversation, un
sourire malicieux glisse sur notre entretien,
il me lance comme cela « Eh que
c'était beau dans ce temps-là,
je me rappelle avoir lu un texte : Hier
était journée de funérailles
en la paroisse Très-Saint-Nom-de-
Jésus, l'activité se tenait
en l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus,
les principales personnalités de
la paroisse y étaient présentes
et Mademoiselle Thibaut y touchait l'orgue.
Superbe ! Quelle écriture, c'est
suranné, c'est beau... J'ai toujours
écrit, en fait ma plume n'a pas d'âge,
quand tu as dix-sept ans et que tu écris
c'est tout aussi sérieux pour toi
que quand tu écris au plan professionnel
et que tu es journaliste aux Nouvelles de
l'Est. »
Depuis ce jour où lui et sa sur
Louise sont entrés au service de
leur père aux Nouvelles de l'Est,
Laurent a toujours été au
centre de l'activité de sa collectivité.
Homme de contenant ou homme de contenu
? « Je pense que je faisais du contenu,
dans la mesure où j'avais déjà,
à l'époque, pris conscience
qu'un journal local peut difficilement être
unanimiste dans la mesure où rares
sont les thèmes qui touchent l'ensemble
des membres d'une communauté. Dans
un journal local, on doit parler d'une série
de petits événements qui façonnent
la vie quotidienne ou hebdomadaire d'une
collectivité, il faut savoir doser,
mettre un peu de communautaire, un peu d'économique,
un peu de sport. Bref, tout est affaire
d'équilibre entre les composantes
locales. »
Quelques années plus tard, il s'associera
à son père. Lui, le 49 % se
tape le travail, le père, majoritaire,
s'occupe des relations publiques sur les
verts de la région montréalaise.
En 1987, ils vendent le journal aux Hebdos
Télémédia qui se portent
acquéreur des journaux de Jacques
Francoeur et de quelques autres indépendants
sur l'île de Montréal. Il restera
avec les nouveaux propriétaires pendant
un an, un job trop terre-à-terre
à son goût où il s'occupera
des ventes de publicité nationales
et se fera gardien d'un rédactionnel
minimal par journal. Il quittera pour un
travail « full cool, à mon
image et à ma ressemblance, le Festival
international de jazz de Montréal.
» dit-il.
Pendant ce temps, son père décède
en 1991. L'épitaphe que le fils fera
écrire sur la dalle tumulaire se
lira comme suit : L'esprit ne meurt jamais.
Et il en avait. Il restera trois ans au
service du Festival international de jazz
de Montréal. « J'ai quitté
parce que c'était des contrats à
raison de six mois par année, il
fallait bien vivre et mon amie Ginette L'Heureux
m'avait offert un travail à l'Hôtel
de ville de Montréal à titre
d'attaché politique aux relations
internationales.
Je me sentais comme le maître
du monde à tous les matins. »
J'ai compris, car il en parle avec une certaine
nostalgie dans la voix, que ce travail en
est un parmi ceux qu'il a le plus apprécié.
« Je me souviens en entrant à
la maison le soir, Renaud mon fils, maintenant
âgé de dix-huit ans, me demandait
: papa, qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui
? Là, je sortais la mappemonde et
je lui disais : aujourd'hui, j'ai écrit
une lettre au maire de Lyon, j'ai parlé
avec une collègue qui travaille à
la mairie de Lima et là de lui expliquer
que la France est ici et que Lyon a la même
population que Montréal, et puis
qu'il y avait l'Asie, le continent jaune...
» Il quittera l'Hôtel de
ville en même temps que le maire Doré
défait par Pierre Bourque en novembre
1994.
Période cédestienne
« Une autre rue qui me plaît
bien, c'est la petite rue Mousseau avec
l'école La Vérendrye, c'est
là que j'ai fait mon primaire, je
jouais au ballon chasseur dans la cour,
c'était le bon temps, celui qui n'était
pas encore le temps de la vraie vie... »
Le conjoint de Claudine Brais &endash;
qu'il a rencontrée du temps des Nouvelles
de l'Est et qui est la mère de son
plus jeune fils de dix ans, Adam &endash;
se tourne les pouces. Quatre mois qu'il
a laissé couler depuis qu'il a quitté
l'Hôtel de ville de Montréal.
Quatre mois à tailler ses crayons.
Un matin, le lourd silence est déchiré
par la sonnerie du téléphone,
c'est un ami qui l'informe que la CDEST
est à la recherche d'un directeur
général. « La quoi
? » demande-t-il. Quand il a quitté
les Nouvelles de l'Est c'était à
l'époque du PAR H.M. du temps de
Gaétan Desrosiers, la CDEST n'existait
pas à cette période-là.
Après s'être fait expliquer
l'organisme, il décide de poser sa
candidature.
Pourquoi avoir accepté l'emploi
? « Parce qu'au départ cela
me semblait être au fond une variante
du journal local, c'est d'ailleurs pourquoi
cela m'a intéressé et c'est
aussi pourquoi ma candidature a été
retenue, c'est qu'au fond j'étais
une ressource locale et la CDEST, déjà,
faisait dans le communautaire et dans l'employabilité
et un peu dans l'économique, la même
clientèle que les lecteurs du journal.
Au fond je voyais la CDEST un peu comme
un autre outil au service de la collectivité,
différent du journal mais où
les acteurs étaient les mêmes
que ceux que j'avais quittés en 1987.
»
De quinze employés à son
arrivée, l'organisme emploiera jusqu'à
une quarantaine de personnes en période
de pointe. La CDEST s'occupe d'un territoire
d'à peine dix kilomètres carrés
où s'agglutinent près de
125 000 personnes : « La CDEST
est une corporation de développement
économique communautaire où
on est payés pour dépenser,
investir et soutenir une multitude de projets
liés au développement local.
»
« Je dirais que la CDEST est une
merveilleuse conjonction entre les idées
d'une communauté et les moyens pour
les réaliser. Et ce qu'il y a d'unique
dans cette shop-là, c'est la capacité
que tu as d'agir sur une idée. D'après
moi, il n'y a pas grand chose qui peut se
passer sur le territoire sans passer par
chez nous. Et à la limite, s'il se
passe quelque chose sur le territoire sans
que j'en sois au courant, cela veut dire
que je n'ai pas fait ma job. »
Il quittera son poste à la prochaine
assemblée générale
en juin pro- chain.
A-t-il l'impression d'avoir laissé
quelque chose en héritage ? «
Ce dont je suis particulièrement
fier c'est de la place incontournable que
la CDEST occupe sur son territoire et que
la chose soit reconnue par les pairs. »
Voilà la version publiable, j'ai
dû traduire un peu cette dernière
sentence car il m'avait crûment répondu
: « ... il faut savoir pisser sur
son territoire. » Du Blanchard
à son meilleur !
Période post-cédestienne
« Il y a également la
rue Bourbonnière au temps des Fêtes,
toujours richement décorée
à cette période. »
Pourquoi laisser la CDEST ? « J'ai
besoin de me désintoxiquer, je pense
que j'ai besoin de me refaire une tête
sur ce que je pense, sur ce que j'ai le
goût de faire après. On peut
se désintoxiquer de certaines tâches
inhérentes à nos fonctions
mais quand on habite sur la rue Dézéry
et qu'on a toujours vécu dans l'Est
de Montréal, on ne se désintoxique
pas de l'Est : je vais passer trois jours
à la campagne et je suis en manque
d'asphalte... Il est évident que
je vais continuer à m'intéresser
à l'Est; le plus beau compliment
que l'on m'ait fait a été
celui de Gérald Larose quand il m'a
présenté à ses étudiants
et qu'il leur a dit : je vous présente
un vieux militant de l'Est. Cela résume
le chansonnier de 17 ans, le jeune journaliste
de 25, l'éditeur de 30 et le directeur
de 45; il y a comme une continuité
de l'engagement vis-à-vis l'Est de
Montréal. Je veux, je souhaite que
cela continue à se faire mais je
ne peux être certain de la façon
dont cela se fera. »
Pour « un aborigène de troisième
génération » , je
lui demande quels étaient selon lui
les problèmes de l'Est de Montréal
? « L'Est a été le
berceau industriel du Canada et c'est comme
si on souffrait d'avoir développé
avant les autres. Les riches marchands sont
venus à cause du port, quand il avaient
besoin de nous nous étions les meilleurs,
aujourd'hui il sont partis, la vie a fait
de nous un kleenex historique jetable. »
Oublions le passé, parlons d'avenir,
donne-moi plutôt tes pistes de développement,
lui ai-je demandé : « Le
principal problème est de s'entendre
sur ce qu'est l'Est. On a vécu trop
longtemps le fait que nous étions
un territoire morcelé entre des petites
municipalités. Nous devons faire
notre unité sur un sentiment commun.
Il faut également s'entendre sur
les limites territoriales de la région.
Moi je vois l'Est quand tu arrives à
Montréal avec une vue magnifique
en provenance de la Rive Sud par le pont
Jacques Cartier. On peut raffiner la chose
mais fondamentalement, le soir à
la brunante, mon Est à moi est à
droite du pont Jacques Cartier. Au sud le
fleuve, au nord la rivière des prairies,
c'est ça mon Est.
Un autre problème de l'Est est
son manque de concertation. Trop de royaumes!
Les intervenants de l'Est, et j'en suis,
me semblent se comporter davantage en roitelets
d'un territoire qu'en personnes soucieuses
de partager un territoire commun. On a besoin
de concertation et pour ce faire il faut
se trouver des dossiers communs tels le
transport, la rue Notre-Dame, le récréo-tourisme,
pour ne citer que ceux-là. »
« Mes solutions pour l'Est, c'est
qu'il y ait une vision commune de la part
des différents intervenants et que
la population, par voie de conséquence,
se rende compte que nous habitons un Est
qui est fragilisé politiquement et
qu'il faut une voix commune pour que l'on
puisse avoir une chance égale face
aux autres parties de l'île. Parce
que l'Ouest, au cours des ans, s'est doté
de quelques outils collectifs qui dépassent
largement les nôtres. Tant mieux pour
eux, par contre je ne voudrais pas que cela
devienne tant pis pour nous, c'est cela
qu'il faut changer et cela passe par la
prise en charge, on n'en sort pas. »
Et demain...
« La rue Notre-Dame que je changerais.
Je lui demanderais d'assumer son destin
d'être une rue de transit entre la
fonction industrielle qui a créé
Montréal et la fonction résidentielle
qui en a découlé... »
« Il est préférable
de choisir sa pause avant que celle-ci ne
vous soit imposée » a été
une phrase que j'ai senti toute préparée
qu'il a laissé tomber en cours d'entrevue.
Doit-on en conclure qu'on ne voulait pas
le reconduire dans ses tâches ?
« Non, pas du tout. Mon objectif, à
l'instant où l'on se parle, ce n'est
pas de gérer de nouveaux employés
mais de m'inventer de nouveaux défis.
Remarque, si quelqu'un me disait : Laurent
je te donne
100 000 $ et invente-moi une idée
pour l'Est, cela me tenterait. Si quelqu'un
me disait : Laurent, veux-tu t'occuper d'un
Centre de développement pour entreprises,
oui, cela pourrait m'intéresser,
mais j'ai besoin de réfléchir...
»
Ils sont nombreux à lui prêter
des intentions politiques : « J'ai
toujours fait dans le politique, jamais
dans la politique. » D'autres croient
qu'il a la direction d'un Pro-Est dans sa
mire. « Non. Je n'ai rien d'arrêté,
je pense parfois à ma réputation
de belle plume que l'on m'accorde, je ne
m'en suis jamais servi à des fins
de fiction, ça c'est un défi
que je me donne. J'espère que ma
plume se libérera des contraintes
professionnelles et que je pourrai écrire,
mais quand, je ne sais pas. Je veux décanter,
réfléchir quelque temps. »
Souvent, vous et moi avons un café
à la main lors de nos périodes
d'intenses réflexions, mais pas lui,
« Ma religion me l'interdit »,
vous lancera-t-il à la blague car
il n'a jamais bu de café; je l'imagine
assis au vivoir de sa résidence de
la rue Dézéry, un verre de
lait à la main, subodorant sur les
tendances, jaugeant les besoins, rêvassant
à son avenir. Je l'imagine tel un
bédéiste, car on sait qu'il
est un fan de la bande dessinée sous
toutes ses formes, dessinant son personnage
au travers des bulles que forment ses pensées,
créant ses cases, passant d'une image
à l'autre, se questionnant : où
il sera à son meilleur. C'est ce
que l'avenir nous dira parce que lui conclut
en me disant : « Dans six mois,
dans six ans je n'espère que ceci
: être encore libre penseur et que
ma capacité d'indignation soit toujours
intacte, tout en souhaitant également
quelque part oeuvrer à l'avancement
de l'homme et sa fiancée. Mais fouille-moi
où ? En cet instant, je n'en ai pas
la moindre idée ! »
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