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Diplômée en administration de l’Univer-
sité de Sherbrooke, SylvieVachon accède
en 2009 au siège de présidente-directri-
cegénéralede l’Administrationportuaire
de Montréal. Une nomination logique
qui couronne 19 années passées précé-
demment au sein de l’administration
portuaire.
« Le fait d’être dans l’organisation durant
presque deux décennies m’a permis d’avoir
une vision d’avenir pour les installations por-
tuaires. Nous devions alors composer avec la
plus importante crise financière depuis les
années 90. C'était un contexte particulière-
ment difficile et je savais que le défi à relever
serait important. J’estimais entre autres que le
port avait besoin d’une reconnaissance plus
marquée car il joue un rôle prépondérant
dans la vie de la métropole », explique Sylvie
Vachon.
Le premier travail alors effectué par Sylvie
Vachon a consisté à faire un état des lieux et à
créer de nouveaux partenariats : « Pour bien
mener notre mission, nous devions créer de
nouveaux partenariats, renforcer les liens aus-
si bien avec nos clients que nos interlocuteurs
dumonde entier et avec, bien sûr, les instances
politiques montréalaises et québécoises ».
Unmoteur pour l’économie
Sur chaque navire, il y a un capitaine et dans
chaque ville, il y a un moteur économique. Si
Montréal a connu au fil des décennies et
même des siècles passés une croissance qui a
fait de la métropole l’une des villes les plus
dynamiques en Amérique du Nord, c’est sans
conteste grâce à son port. Depuis son acces-
sion à la barre du port, Sylvie Vachon a non
seulement su redresser la barre en pleine
tempête économique mais est aussi en passe
de redonner au port toutes ses lettres de
noblesse : « Selon une étude publiée dans un
magazine américain, lors de la crise qui a
frappé le monde occidental en 2009, Mont-
réal est l’une des 30 villes qui s’en est le mieux
sorti. Cette même étude expliquait ce fait par
la présence du port qui permet à la ville
d’avoir des atouts supplémentaires dans son
jeu ».
Rendons à César…
« Tout commence et fini chez nous. Le port de
Montréal, c’est des bateaux, des trains, des
camions, des industries qui comptent sur
nous aussi bien pour l’importation que
l’exportation. Ce sont des hommes et des
femmes qui, grâce à leur travail, font du port
bien plus que le port de Montréal. Nous
sommes aussi le port du Québec, de l’Ontario
et d’une partie du Middle West américain »,
s’exclame Sylvie Vachon avec fierté et passion.
Si le port a traversé les défis maritimes au fil
du temps, c’est parce qu’il sait s’adapter et
profiter d’une situation géographique à l’inté-
rieur des terres, mais sans imagination, le port
serait saturé depuis longtemps et à ce sujet
Sylvie Vachon ne ménage pas
son énergie : « Nous nous
réinventons en permanence.
Le port n’est malheureuse-
ment pas extensible et il nous
appartient de développer des
solutions nous permettant de
nous adapter et surtout de
rester compétitif ».
CargoMontréal
L’une des grandes avancées en
matière de vision d’avenir est la création de la
grappe métropolitaine de logistique et trans-
port de Montréal intitulée Cargo Montréal.
« La mission de cette grappe est de regrouper
l'ensemble des entreprises et des autres
parties prenantes du secteur de la logistique et
des transports de marchandises afin de per-
mettre une planification et une coordination
du développement du secteur ». Sylvie
Vachon a d’ailleurs été nommée présidente de
l’organisation, un rôle qui lui revient tout
naturellement.
SylvieVachon sur le vif
JNE : Quelle devise vous convient le mieux ?
SV : On se réinvente constamment dans les
mêmes mètres carrés.
JNE : Quelle est votre vision pour l’avenir de
Montréal ?
SV : Nous avons de la chance, nous sommes
une ville unique et merveilleu-
se. Les montréalais doivent
prendre conscience que le port
a été à l’origine du développe-
ment du Québec. Il a un riche
passé, il était alors un lieu de
vie. Les contraintes de sécurité
ont fait du port un lieu moins
accessible au public, mais son
rôle est toujours aussi vital
pour le développement de
toute la région. L’avenir a
encore beaucoup à offrir,
notamment par la création de pôles logis-
tiques qui permettront une meilleure fluidité
des échanges.
JNE : Avez-vous un rêve particulier ?
SV : Travailler pour le port est un rêve en soi.
C’est un lieumagique qui ouvre des horizons,
qui incite aux voyages. Pour ce qui est du
port, mon rêve serait de développer des
installations à Contrecoeur pour éviter qu’un
jour le port n’affiche « No vacancy ».
Bon à savoir
Il est possible de partir en croisière au départ
du port de Montréal. Le port a développé des
partenariats avec des professionnels du tou-
risme, ce qui a permis ces dernières années de
doubler le nombre de croisiéristes qui partent
de Montréal.
Jean-Claude Bataille
SylvieVachon
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LA NOUVELLE ÉDITION | Février 2014
Portrait
Sylvie Vachon : un regard par-delà l’horizon
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