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LA NOUVELLE ÉDITION | Avril 2014
Personne ne se posait réellement de
questions à l’aube du XX
e
siècle, alors
que la machine industrielle tournait
à plein régime à montréal. Qui se
plaindrait du plein emploi ? Qui se
plaindrait de voir son pouvoir d’achat
grandir ? Qui se plaindrait de profiter
des avancées technologiques et indus-
trielles permettant de vivre une vie
plus confortable ?
À cette époque, les préoccupations et la
prudence minimale de mise pour assurer
une pérennisation de l’environnement
n’empêchaient personne de dormir. L’en-
nui, c’est que quelques décennies plus tard,
la facture est tombée et elle s’annonçait
salée. L’une des plus profondes traces de cet
épanouissement économique est presque
invisible à l’œil nu : la contamination de
terrains représentant des millions de pieds
carrés. La problématique n’hantera les
esprits qu’au milieu des années 90 et il était
déjà trop tard.
De la nécessité d’une volonté politique
C’est peut-être parce que la contamination
est invisible à l’œil nu qu’elle ne suscite
qu’un intérêt limité. De plus, décontaminer
coûte cher et prend du temps. L’ampleur de
la tâche est si colossale qu’elle décourage
avant même de commencer. Elle ne peut
s’envisager que sur une durée s’étalant sur
des dizaines d’années pour obtenir un
résultat concret. Actuellement, on assiste à
un effort plutôt limité. Le législateur ayant
imposé des règlements, la décontamination
est parfois nécessaire dans le cadre de la
réalisation de certains projets immobiliers.
On évalue donc son coût avant de se lancer
et elle est assurée par des entreprises privées
qui n’ont d’autre choix que celui de se
conformer ou d’abandonner.
Force est de constater qu’il faut aller plus
loin pour éviter que le nettoyage ne s’étire
sur des centaines d’années et ne soit assuré
que selon le bon gré de la rentabilité des
projets nécessitant une action. Car sur cette
voie, certains des terrains contaminés pour-
raient bien ne jamais l’être si le coût du
nettoyage s’avère trop important. Qu’ad-
viendrait-il alors ? Ces derniers seront livrés
en héritage aux futures générations en état
de friche ?
un bilan désastreux
Il y a moins d’un an, François Legault, lea-
der de la CAQ, lançait l’idée d’un projet
Saint-Laurent comportant plusieurs axes de
travail permettant de relancer l’économie
sur les rives du fleuve mais aussi de valoriser
la colonne vertébrale du Québec. L’un des
volets de ce plan proposait un engagement
pour la décontamination des terrains aux
abords du fleuve. S’appuyant sur une étude
commandée par la Chambre de Commerce
de l’Est de Montréal datant de 2007, la
présentation des chiffres avait quelque
chose d’alarmant. Selon cette étude, la réha-
bilitation des quelques 8 500 000 mètres
carrés aurait coûté entre 350 et 550 millions
de dollars mais aurait généré jusqu’à
2.5 milliards de retombées. Et l’on ne parlait
alors que de l’Est de la métropole !
Si j’avais fait de la politique, j’aurais saisi la
balle au bond au nom du bien-être général.
Car si c’est le leader de la Coalition Avenir
Québec qui a lancé le pavé dans la marre, il
serait bon qu’une réelle volonté politique
soit mise en place pour les générations
futures sans que le dossier ne devienne celui
d’un parti politique pour éviter qu’il ne soit
abandonné si un autre parti accédait au
pouvoir.
Des pistes à suivre
Robert Coutu, maire de Montréal-Est
connaît bien le dossier. Il est confronté quo-
tidiennement aux problèmes de contami-
nation et celui-ci est un véritable boulet qui
empêche le développement de sa ville.
Selon lui, les pollueurs doivent mettre la
main à la poche. Il est nécessaire de les
identifier et, dans la mesure du possible, de
les retrouver pour leur imposer une parti-
cipation aux frais de décontamination.
Trop d’industriels ont exploité et gagné de
l’argent sans jamais se préoccuper de l’em-
preinte qu’ils laisseraient. Tout le monde
doit participer, mais en premier lieu ceux
qui ont généré des bénéfices pendant des
années voire des décennies.
Aujourd’hui, une prise de conscience géné-
rale et une législation plus sévère évitent
l’aggravation de la problématique, mais
chaque jour, de nouvelles découvertes sont
faites ajoutant à un bilan déjà désastreux.
L’effort doit être engagé le plus rapidement
possible et le(s) gouvernement(s) doit(vent)
se faire entendre.
Jean-Claude Bataille
Contamination : une urgence absolue
Dossier
environnement
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thomas
et
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robert Coutu a accueilli françois
Legault lors de la présentation
du projet Saint-Laurent.
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