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L’Édition des gens d’affaires | Mai 2014
Montréal, le 2 mai 2014. Lorsque le gouver-
nement Harper a voulu modifier l’entente
Canada-Québec sur le marché du travail, le
gouvernement du Québec s’est opposé et
des organisations, telles que les Carrefours
jeunesse-emploi (CJE), sont montées aux
barricades afin de sensibiliser les décideurs
aux réussites indéniables dumodèle québé-
cois de soutien à l’emploi.
Les conservateurs désiraient instaurer une
Subvention canadienne à l'emploi, qui pré-
voyait des subventions directes aux em-
ployeurs plutôt qu’un soutien aux organi-
sations oeuvrant à l’intégration réussie des
chercheurs d’emploi au marché du travail.
La députée Paulina Ayala rappelle que « le
gouvernement Harper s’est finalement plié
aux arguments de Québec lorsqu’il a compris
que le système québécois donne déjà un rôle
important aux employeurs. De plus, Québec
possède un fonds géré par les employeurs qui
met l'accent sur les besoins des petites et
moyennes entreprises (PME) ».
Mais quel est donc ce modèle? Surtout : com-
ment l’expertise développée au Québec en
intégration au marché du travail ou en
démarrage d’entreprise est-elle devenue un
outil précieux pour les entrepreneurs?
D’abord, une étude réalisée par la firme Ray-
mond Chabot Grant Thornton et associés
dévoile que : les 111 CJE de la province
engendrent des retombées fiscales de l’ordre
de 72 M $ à 288 M $. Il s’agit d’un rendement
appréciable considérant les 45M de subven-
tions accordées aux CJE du Québec.
Au-delà des chiffres, il faut réaliser comment
les organismes tels que les CJE changent
littéralement la vie des gens qui bénéficient
de leurs services. Qu’il s’agisse de jeunes en in-
troduction au marché du travail, de nouveaux
arrivants ou des travailleurs en réorientation
de carrière, tous cherchent un soutien dans
leur démarche.
Pouvons-nous compter uniquement sur les
efforts des employeurs afin de créer les liens
nécessaires entre les besoins des entreprises
et les ressources humaines disponibles dans
la communauté? Poser la question est y
répondre.
« Les entreprises ont plutôt besoin de soutien,
non pas de responsabilités additionnelles. Les
entreprises ont besoin de personnel qualifié
et motivé, non pas d’une obligation addition-
nelle de créer des conditions favorables à
l’emploi avant d’obtenir le soutien du gouver-
nement fédéral », soutien la députée fédérale
d’Honoré-Mercier.
Le système québécois de soutien à l’emploi va
beaucoup plus loin. MLuc Chulak, Directeur
général du Carrefour Jeunesse-Emploi
Anjou/Saint-Justin, précise que « le CJE a tou-
jours considéré important de maintenir un fil
conducteur entre les chercheurs d’emplois et
les entreprises locales. Un des volets de notre
mission est justement de favoriser l’accès à
l’emploi pour les jeunes de 16 à 35 ans qui,
pour un bon nombre d’entre eux, nécessitent
un soutien pour trouver un premier emploi
ou pour retourner sur le marché du travail ».
Des employés mieux préparés, motivés,
aguerris face aux attentes des employeurs :
l’objectif est ainsi d’assurer l’employabilité
durable des travailleurs et non pas seulement
de combler temporairement des postes.
Pour ce faire, des organismes tels que les CJE
se positionnent au cœur de l’action écono-
mique de leurs milieux et entretiennent un
dialogue constructif avec les employeurs.
M Chulak explique que les CJE se position-
nent au cœur de l’action économique de leurs
milieux, entretiennent un dialogue cons-
tructif avec les employeurs et mettent « à
la disposition des jeunes, mais aussi des
employeurs potentiels, un centre de docu-
mentation avec un babillard d’offre d’em-
plois. Les usagers qui se présentent au CJE
peuvent bénéficier d’un accompagnement
personnalisé en vue de bien évaluer leurs
besoins, de définir leurs compétences et de les
guider dans leur processus ».
Le Nouveau Parti Démocratique prône l’im-
portance d’une plus grande coordination
entre les besoins des employeurs et ceux des
chercheurs d’emplois et croit qu’il est perti-
nent de redoubler d’efforts pour nourrir ce
modèle.
« Pour qu’une communauté économique se
développe et prospère, il n’y a aucune place
pour les dommages collatéraux, pour les
laissés pour compte. Chaque chômeur repré-
sente en fait un poste vacant dans une entre-
prise qui manque ainsi de soutien pour son
développement », conclut la députée Ayala.
Le soutien à l’emploi : un service essentiel aux entreprises
La députée néodémocrate Paulina Ayala et le directeur général du CJE Anjou/Saint-Justin offrent leurs réflexions
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