L'edition des gens d'affaires - page 10

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L’Édition des gens d’affaires | Décembre 2014
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Le Regroupement national des conseils
régionaux de l’environnement (RNCREQ)
dévoile ce matin une première étude
portant sur les bénéfices économiques
d’une réduction de la consommation de
pétrole. L’étude révèle que le Québec, s’il
réduisait de 12 % sa consommation de
pétrole d’ici six ans dans le secteur des
transports routiers, améliorerait signifi-
cativement le solde de sa balance com-
merciale. En effet, c’est 20 milliards de
dollars en six ans qui, au lieu d’être
envoyés à l’extérieur du Québec, stimu-
leraient l’économie d’ici, le développe-
ment régional, de même que la création
d’emplois. On estime d’ailleurs à plus de
130 000 les emplois directs et indirects.
En transformant leurs habitudes de
consommation, les ménages québécois
pourraient de leur côté réaliser des éco-
nomies de 2 000 $ à 4 000 $ par année,
soit suffisamment pour presque doubler
le budget qu’ils accordent aux loisirs.
« Nous exportons chaque année, au net, 18
milliards de dollars pour acheter des produits
pétroliers et 9 milliards de plus pour acquérir
des véhicules, explique Philippe Bourke,
directeur général du RNCREQ. Notre déficit
commercial pétrolier représente maintenant
près de 5 % de notre PIB. C’est colossal. Ces
milliards de dollars s’envolent vers d’autres
pays privant ainsi les ménages et toutes les
régions du Québec de cet argent créateur
d’emplois. Nous avons tout intérêt à mettre
en place des mesures de réduction de la
consommation de pétrole. Notre étude chan-
ge complètement les perspectives : elle
démontre que c’est payant pour l’économie
de s’attaquer aux problématiques environne-
mentales. »
Des ménages plus riches de plusieurs
milliers de dollars chaque année
Le secteur des transports, qui consomme le
plus de produits pétroliers, coûte particuliè-
rement cher aux familles du Québec. Sur des
dépenses de consommation moyenne de 49
000 $ par famille en 2012, près de 9 000 $
étaient consacrés au transport privé (18 %),
après le logement, mais devant l’alimenta-
tion. « Le pétrole nous coûte déjà plus cher
que la nourriture. En modifiant certains
réflexes de consommation sans affecter la
qualité de vie, il y a des gains individuels et
collectifs énormes à réaliser, fait valoir
Philippe Bourke. Par exemple, un ménage qui
possède un VUS pourrait dégager des écono-
mies annuelles de 2 100 $ à 4 300 $ s’il le rem-
plaçait par un véhicule intermédiaire ou
compact. De plus, selon une étude récente de
Luc Gagnon et Pierre-Olivier Pineau de
HEC, un ménage qui trouve le moyen de se
passer d’une deuxième ou d’une troisième
voiture peut se permettre d’acheter une mai-
son d’un prix plus élevé de 200 000 $. Ce sont
des chiffres qui frappent. »
Par ailleurs, l’étude permet de comparer les
différents postes d’importation et d’exporta-
tion du Québec. Avec 27 G $ annuellement,
les importations de produits pétroliers et de
voitures surpassent de loin les principaux
postes d’exportation du Québec que sont
l’aluminium (5 G $), les aéronefs (5 G $) et le
papier (3 G $). « Le soutien des secteurs d’ex-
portation est essentiel, mais tant qu’ils seront
plombés par les importations de produits
pétroliers et de voitures, leurs retombées
pour l’économie du Québec demeureront
négligeables », conclut le directeur du
RNCREQ.
Éléments de méthodologie
Dans l’étude, les coûts évités par une stratégie
de réduction de consommation de pétrole
ont été évalués selon trois scénarios, soit un
scénario de référence de stabilisation de la
consommation de produits pétroliers, un
scénario modéré de réduction de 12 % d’ici
2020 par rapport à l’année 2010 et un dernier
dit « d’actions soutenues », calqué sur le
modèle suédois, qui vise une réduction de 49
% d’ici 2020. Une modélisation de ces scéna-
rios a été réalisée sur la base des multiplica-
teurs d’entrées et sorties du Québec, ajustés
afin de tenir compte de l’évolution de la pro-
ductivité du travail. Les données évoquées ci-
haut font référence au scénario modéré.
« Par la suite, nous avons évalué les "chocs sur
les secteurs productifs", c’est-à-dire l’argent
qui peut être dépensé dans l’économie qué-
bécoise grâce aux coûts évités par la réduc-
tion de la consommation de pétrole, résume
Charles Séguin, professeur au département
de sciences économiques de l’UQAM, qui a
contribué à l’étude. On constate alors les
retombées économiques importantes que
cela représente pour le Québec, non seule-
ment sur la balance commerciale, mais aussi
sur la création d’emplois. »
L’étude a été réalisée par le RNCREQ dans le
cadre de la démarche Par notre PROPRE
énergie. L’équipe de recherche chapeautée
par Charles Séguin, professeur au départe-
ment de sciences économiques de
l’Université du Québec à Montréal (UQAM),
est composée de Renaud Gignac, économis-
te-conseil et auteur principal de l’étude, de
même que par Gabriel Fournier Fillion, étu-
diant en gestion à l’UQAM.
Pour consulter l’étude Vingt milliards de dollars
de plus en six ans : les retombées économiques
d’une réduction de la consommation de pétrole
au Québec et en savoir plus sur la démarche :
Réduire la consommation de pétrole pourrait créer
130 000 emplois en 6 ans
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