L'Edition des gens d'Aaffaires - page 3

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L’Édition des gens d’affaires | Mars 2015
Insertion sociale et économique
Une avenue pour venir en aide
L’Avenue hébergement communautaire, est
un organisme communautaire implanté dans
Hochelaga-Maisonneuve depuis 30 ans. Sa
mission est de favoriser l’insertion sociale et
économique de jeunes, hommes et femmes,
de 18 à 30 ans sans abri ou à risque de le
devenir. Par l’hébergement court et moyen
terme, les appartements supervisés et les
logements sociaux, L’Avenue vise à permettre
aux jeunes de sortir de la rue et s’insérer de
façon souple et durable dans la société.
Récemment, l’organisme a fait l’acquisition
d’un immeuble, le 3911 Ste-Catherine Est,
tristement connu pour les conditions de
détresse de nombreux de ses locataires et
l’état de délabrement de son bâtiment.
Depuis la fin de l’automne, les travaux de
reconstruction sont engagés. Un grand chan-
tier qui, à l’automne 2015, offrira 26 unités
de logements abordables et permanents ainsi
que des espaces communautaires à de jeunes
adultes en situation d’itinérance ou à risque
de le devenir.
Une campagne de financement
En parallèle, une campagne majeure de
financement se déploie, présidée par M.
François Roberge, Président-directeur géné-
ral de la Vie en Rose et partenaire précieux de
L’Avenue depuis quelques années déjà. Il
explique son engagement: « Quand j’étais
jeune, ma vie n’a pas toujours été facile mais,
j’ai eu le privilège d’avoir une deuxième
chance, un deuxième départ que j’ai saisi avec
passion. Aujourd’hui, pour moi, l’Avenue
c’est le deuxième départ dont beaucoup de
jeunes ont besoin. ».
Entouré d’un cabinet composé d’acteurs du
milieu des affaires, ils visent à recueillir 391
100$ d’ici 2017 permettant de meubler, équi-
per et assurer le soutien communautaire
nécessaire à ce projet d’envergure.
Ce développement donnera un souffle nou-
veau à cette portion du quartier Hochelaga-
Maisonneuve et surtout, permettra la créa-
tion d’unités de logements sociaux dont le
manque est criant portant l’offre de L’Avenue
à 100 places.
Un rôle social incontournable
François Villermure, directeur général de
L’avenue ne cache pas sa fierté de voir aboutir
un projet d’envergure importante : « Le déve-
loppement durable de l’individu au niveau
social et économique, la place des jeunes au
sein de la communauté et la lutte à la pauvre-
té et l’exclusion sont des problèmes qu’il ne
faut pas ignorer et qui doivent être impérati-
vement pris en charge pour éviter une dérive
de laquelle il est encore plus difficile de sortir.
C’est un combat de tous les jours parfois dif-
ficile à mener, mais nous éprouvons une gran-
de satisfaction lorsqu’un de nos projets se
concrétise. Il n’y a pas de petite victoire. La
bonne nouvelle annoncée aujourd’hui est
importante, elle donne du souffle face aux
futurs défis qui nous attendent ».
Une mission nécessaire et des résultats !
Acteur reconnu, L’Avenue est un véritable
modèle d’insertion dans la communauté
pour des jeunes sans abri de la région de
Montréal. Les services proposés vont de l’hé-
bergement provisoire à court et moyen terme
au logement social permanent en passant par
le logement transitoire et, selon le bilan de
l’association, ça fonctionne ! 56 % des jeunes
qui sont aidés retournent à l’école et 40 %
trouvent un emploi. « Personne n’est vrai-
ment à l’abri d’une dérive, quelle qu’en soit la
cause. Le pire scénario serait l’oubli, l’igno-
rance et le rejet. Personne n’ignore que la
société dans laquelle nous évoluons est exi-
geante et ce sont surtout les jeunes adultes
qui en paient le prix. Chacun, à sa mesure,
peut apporter sa pierre à l’édifice et sauver
des existences. En tant qu’organisme d’aide,
nous sommes un peu le moteur d’un élan
que nous voulons créer. La société se doit
d’intervenir à tous les niveaux pour offrir aux
jeunes des perspectives d’avenir », explique
François Villemure.
Avec 73 places disponibles actuellement,
L’Avenue affiche complet, ce qui conforte
l’idée que son action a une réelle portée mais
aussi que le développement de nouveaux
projets est nécessaire pour répondre à une
demande croissante. « Il ne s’agit pas de
prendre en charge des individus et de les exo-
nérer de toute responsabilité mais plutôt de
stabiliser une situation personnelle et finan-
cière défaillante ou piégée ou en péril pour
permettre de franchir des moments difficiles
sans perdre confiance en l’avenir ».
Des porte-paroles impliqués
« Je suis porte-parole depuis maintenant 3
ans. Étant originaire de Ville d’Anjou, la pre-
mière fois que je suis allé à L’Avenue et que je
roulais vers l’Est pour m’y rendre, je me suis
senti impliqué. À Montréal, dans l’Est et
ailleurs, le besoin de logements et d’aide pour
les jeunes est énorme. Quand j’ai su qu’il y
avait plus de 30 000 personnes sans abri à
Montréal, je suis tombé par terre! En jasant
avec les gens de L’Avenue, avec les jeunes, j’ai
eu le goût de m’impliquer. » (Vincent
Damphousse, ancien capitaine des Canadiens
de Montréal)
« Je me souviens d’un soir où mon père m’a
posé simplement une question : Crois-tu que
tous les êtres humains naissent égaux? J’ai
senti dans tout mon corps la volonté de
répondre par l’affirmative. Mon père m’a
fatalement et doucement devancé en pro-
nonçant : « Non. » L’implication est l’expres-
sion d’un partage et d’une solidarité. Je me
sens privilégiée et fière de joindre mon nom
à L’Avenue. » (Ève Duranceau, comédienne).
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