L'Edition des gens d'affaires - page 5

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CONTAMINATION DES SOLS
S’il semble que durant la dernière décen-
nie, l’environnement prend de plus en plus
de place dans les débats, il n’en reste pas
moins qu’il représente un sujet délicat.
L’atteinte à l’environnement est comme le
tabagisme : tout le monde sait que c’est
nocif pour la santé, mais les effets sont si
difficiles à mesurer que personne ne veut
vraiment y prendre garde. L’humanité est si
empêtrée dans sa frénésie de consomma-
tion que le seul mot « environnement » est
associé
à
corvée,
coûts
élevés,
contraintes…
Toute activité humaine engendre automa-
tiquement une contamination des sols.
C’est malheureusement une loi incontour-
nable. Si pendant les décennies d’indus-
trialisation ce fait ne représentait pas un
problème particulier, il est aujourd’hui
clairement établi que la dépollution des
sols est une nécessité absolue. La législation
s’est prononcée et des règles sont claire-
ment établies.
On en a beaucoup parlé dans l’Est de
Montréal car il s’agit d’un secteur très
industrialisé qui accueille de nombreuses
industries pétrochimiques, mais le problè-
me de contamination des sols ne se limite
pourtant pas à ce seul secteur. D’autres
arrondissements et municipalités sont «
victimes » de ce que l’on pourrait presque
nommer le mal du siècle.
Que laisserons-nous à nos enfants et aux
générations futures si nous ne faisions
rien? La question se pose réellement et elle
est des plus sensibles. Fort est de constater
une prise de conscience généralisée dans le
milieu industriel, gouvernemental et
même auprès de la population. Il n’est
jamais trop tard pour agir et des efforts
sont entrepris, même si la tâche parait
démesurée. Si selon plusieurs études, le
nombre de sites contaminés aussi bien au
Québec que partout dans les pays indus-
trialisés se compte par millions. C’est une
situation certes préoccupante, mais
comme le dit le proverbe : Paris n’a pas été
bâtie en une journée.
Le plus grand risque ne réside pas dans le
nombre de terrains qui devraient subir une
décontamination. Le vrai risque serait
d’ignorer la situation et donc de ne pas
agir. Les faits sont là et il faut prendre les
mesures nécessaires. Là où l’on peut affir-
mer que les risques s’amenuisent, c’est
principalement dans le fait qu’aujourd’hui,
grâce à cette prise de conscience, l’industrie
se comporte de manière de plus en plus
responsable, ce qui permet de limiter la
prolifération des contaminations et sur-
tout d’en limiter la gravité. Bien sûr, tout le
monde n’est pas bon élève dans ce domai-
ne, mais l’intérêt grandissant de la popula-
tion pour l’environnement et la législation
évoluant au grand galop, on peut raisonna-
blement penser que le plus dur est derrière.
La préservation des sols et de leur qualité
passe par la prévention. Même si les maux
sont presque « nécessaires », ils peuvent
être limités pour éviter de devoir agir en
profondeur à l’avenir. La prévention est
donc une arme de choc qui permettra de
limiter l’aggravement de la situation.
Comme dans tous les domaines, la législa-
tion met du temps à s’engager. Il ne s’agit
pas forcément d’un manque de volonté
de la part des législateurs, mais plutôt de
composer avec les moyens disponibles et
surtout les intérêts de chacun qu’il faut
ménager.
Lors de construction nouvelles, des tests de
qualité de sols sont maintenant automati-
quement effectués et peuvent parfois
déboucher sur des obligations de dépol-
luer. Il s’agit là d’un outil très important
qui permet de régler certains cas extrêmes.
Mais la volonté politique doit continuer à
se faire valoir et des solutions intelligentes
doivent être trouvées pour permettre de
régler le problème. Décontaminer un ter-
rain peut parfois coûter extrêmement cher,
mais il s’agit d’une obligation incontour-
nable. Il n’existe à ce jour pas vraiment de
médecine douce pour opérer la déconta-
mination.
Lorsqu’un sol est contaminé, une étude est
d’abord faite pour évaluer la faisabilité
d’une dépollution. Parfois, dans les cas les
plus graves, il n’existe aucun moyen de
régler le problème. Dans ce cas, seul un
confinement peut être mis en place pour
éviter la propagation du mal. Mais le pro-
blème n’est pas réglé pour autant.
La recherche en matière de décontamina-
tion est active. On dispose de technologies
de plus en plus pointues mettant en œuvre
un traitement chimique, thermique ou
parfois biologique mettant en œuvre des
bactéries capables de dégrader des molé-
cules complexes. L’avenir permettra donc
de régler de plus en plus de cas pour laisser
un héritage propre aux générations
futures.
Dimitri Tsingakis
DIRECTEUR GÉNÉRAL
t. 514 645-8111
11 370, Notre-Dame Est, bureau 412, Montréal-Est (Qc) H1B 2W6
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